Coronavirus Covid-19 et investisseurs particuliers : quelles conséquences ? Mon opinion personnelle

Ce billet a été rédigé le 22/03/2020 matin. Nous vivons un moment historique : pour la première fois, plusieurs dizaines de pays ont décidé de confiner leur population pour éviter la propagation d'une maladie, la Covid-19, très contagieuse et surtout génératrice de nombreux cas graves, saturant les systèmes de santé. Les économies de nombreux pays sont à l'arrêt et vont provoquer une période de récession. Les marchés financiers n'ont jamais connu une chute aussi brutale en une dizaine de jours. Voici un article qui expose mon point de vue purement subjectif et personnel, sur cette situation inédite.

Face à la crise Covid-19, les investisseurs particuliers se sentent démunis

Je ne vais pas vous refaire toute l'histoire : la maladie issue du virus Covid-19 est en train de provoquer une crise sanitaire exceptionnelle, rarement vue depuis la grippe de Hong Kong en 1968 et surtout la grippe espagnole de 1918 (qui a tué 5 fois plus de gens que la Première Guerre mondiale). Pour lutter contre cette pandémie, de nombreux pays ont décidé de confiner leur population (selon des règles plus ou moins strictes), provoquant un arrêt brutal de la production et de la consommation. Les marchés financiers se sont affolés et anticipe une récession très importante, qui risque de durer. Jamais les principaux indices boursiers (CAC 40, DAX, IBEX, MIB, Dow Jones, S&P 500, etc.) n'ont connu une chute aussi vertigineuse en moins de 10 jours. C'est même pire qu'en 2008 où le système financier était au bord de l'implosion...

Les investisseurs particuliers sont perdus, et ne savent pas trop quoi faire. En profiter pour se renforcer ? Vendre avant une longue période de récession plus dure que prévue ? Voici mon avis complètement subjectif et personnel sur la question...

Une pandémie très particulière qui restera historique

N'ayant aucune connaissance dans le médical, je m'abstiendrai de tout commentaire technique dans le domaine. Néanmoins, nous ne pouvons pas nier que la Covid-19 s'est propagée dans le monde entier, à une vitesse fulgurante comme une grippe et avec un taux de cas graves très élevé, ce qui explique la saturation des systèmes de santé dans de nombreux pays (ce qui a poussé certains Etats à prendre des mesures contraignantes inédites). Aujourd'hui, c'est plus d'un milliards de personnes dans le monde qui sont confinées, selon des règles plus ou moins strictes.

Liste des pandémies modernes majeures, selon la page Wikipédia de la pandémie à Covid-19, au 21/03/2020

Cela a engendré une crise financière et économique sans précédent, dans un contexte très particulier où les taux d'intérêt des banques centrales étaient déjà historiquement bas et que les niveaux de dettes privées comme publiques sont aussi extrêmement élevés, dans la plupart des pays développés.

Même s'il y aura encore des débats sur la gravité de cette pandémie en termes de contaminés et de morts, d'un point de vue purement économique et financier, l'impact de cette maladie restera historique. Arrivé à un moment où les marchés financiers étaient au plus haut, où le marché du pétrole connaissait aussi des remous, cette crise du coronavirus est apparue comme un cygne noir qui a fait brutalement chuté les marchés. Par exemple, le CAC 40 tout comme le Dow Jones ont perdu plus de 25 % en moins de 10 jours... Du jamais vu. La récession qui arrive sur 2020 suite à cette crise, s'annonce tout aussi impressionnante.

Des mauvaises nouvelles à venir...

Malgré ce krach boursier inédit, lié à une succession de mauvaises nouvelles (fermetures de frontières, confinement de populations, arrêts d'entreprises, chômage partiel massif, événement majeur sur les cours du pétrole, etc.), nous n'en avons pas terminés avec les problèmes et il est très difficile d'évaluer leur probabilité, ce qui explique que les marchés sont et vont encore rester très volatils.
  • Le confinement ou lockdown n'est toujours pas acté (à la date de ce billet) aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, deux puissants moteurs de l'économie mondiale, ces pays ayant choisi une autre stratégie pour affronter le coronavirus.
  • De plus en plus d'entreprises, de toutes tailles, sont à l'arrêt en chômage partiel, ou fonctionnent très au ralenti. Cela pourrait avoir un effet domino et provoquer un arrêt brutal de nombreuses économies de différents pays.
  • Des faillites d'entreprises auront lieu, et il est encore trop tôt aujourd'hui pour savoir quelles grandes entreprises auront besoin d'aide des gouvernements, comme ce qu'il s'est passé en 2008.
  • Le secteur de l'aéronautique était perçu avant la crise comme le secteur phare, défensif, en forte croissance et avec une très longue visibilité. C'est aujourd'hui un des secteurs les plus impactés, qui ne pourrait plus jamais atteindre ses niveaux d'antan, comme ce fût le cas pour les banques après la crise financière de 2008.
  • La récession mondiale est encore difficile à estimer aussi bien en amplitude qu'en durée. Si la plupart des analystes financiers espèrent un puissant rebont en fin d'année 2020, leurs points de vue sont toujours biaisés par ce qu'ils espèrent pour leurs investissements... Il ne faut pas oublier qu'il est beaucoup plus facile d'arrêter brutalement une économie (en confinant toute une population du jour au lendemain) que de relancer le moteur industriel et la consommation. Personnellement, je prends avec beaucoup de pincettes les analyses des financiers qui espèrent une reprise importante dans quelques mois, car ils ont toujours un intérêt commercial derrière... Cette période de récession pourrait durer quelques mois, tout comme elle pourrait durer quelques années. Le chômage de masse est un risque important car très difficile à combattre sur le court terme.
  • Cette crise économique pourrait avoir des effets en cascade plus violents que prévus : des faillites de très grandes entreprises (too big to fail), de banques critiques, chômage de masse difficile à résorber, un nombre de décès très important, un traumatisme durable pour la consommation, etc.
  • Des marchés dits refuges comme l'immobilier pourraient aussi être fortement impactés par cette crise : les gens pourraient avoir, désormais, des réticences à acheter dans de grandes villes. Le pouvoir d'achat pourrait fortement baisser dans le monde entier, ce qui ne soutiendrait plus les marchés immobilier comme Paris ou certaines grandes villes attirant les investisseurs internationaux. Il suffit parfois de peu pour faire éclater une bulle...
  • Dans les scénarios noirs, il est aussi envisageable de voir un ou plusieurs pays (plus ou moins développés) faire faillite, voire des annulations massives de dettes privées comme publiques. Les interventions des banques centrales peuvent se montrer parfois insuffisantes.
  • Rien n'interdit les marchés financiers à fermer leurs bourses d'échanges, comme cela a été fait aux Philippines. Si cela se produit, il y aurait alors un carnage boursier avant cette fermeture (tout le monde chercherait à liquider ses positions). Un tel événement pourrait aussi atteindre durablement la confiance des investisseurs.
  • Enfin, l'épidémie pourrait revenir dans quelques mois, sous forme de vagues successives du virus, comme cela s'est vu avec la maladie SRAS.
Personne ne possède une boule de cristal pour savoir ce qui va se produire, mais ce qu'il faut retenir, c'est que les marchés peuvent toujours baisser, bien plus bas qu'on puisse imaginer. Il ne faut pas écouter celles et ceux qui affirment "le marché est déjà trop bas, il ne peut plus baisser énormément". Il ne faut pas non plus essayer de comparer à des situations passées, car la première règle en finance connue de tous a parfois du mal à convaincre, et pourtant : le passé ne préjuge rien de l'avenir !

Il est toujours impossible de savoir quand va s'arrêter une crise, et quand les marchés repartiront à la hausse

Des bonnes nouvelles à venir...

Tout comme les mauvaises nouvelles pourraient encore s'accumuler, il existe aussi des raisons d'espérer une reprise solide et rapide des marchés financiers.
  • Les banques centrales pourraient aider de manière extrêmement massive et historique les Etats en injectant des sommes colossales de liquidités, maintenir les taux d'intérêt proches de zéro, racheter des dettes publiques comme privées. N'oubliez pas que les pouvoirs des banques centrales (qui jouent le rôle de dernier prêteur pour les banques traditionnelles) ont un pouvoir théoriquement illimité. Aujourd'hui, ce sont déjà plusieurs milliers de milliards de dollars qui vont être injectés dans les prochains mois pour soutenir l'économie
  • Les Etats se sont déjà lancés dans des programmes de relances économiques ambitieux, avec des montants de plusieurs centaines de milliards de dollars. Ce sont les programmes de relance les plus ambitieux et massifs depuis la Seconde Guerre mondiale.
  • Face à cette situation inédite et historique, les banques centrales et les Etats pourraient sortir des armes financières tout aussi inédites, qui semblaient impossibles à utiliser lors des précédentes crises économiques. L'Union Européenne a déjà décidé de suspendre les règles budgétaires des Etats, ce qui va leur donner une marge de manoeuvre considérable pour relancer leurs économies. Il n'est pas impossible que certaines banques centrales se lancent dans l'helicopter money qui consister à distribuer gratuitement de l'argent (sous formes de bons de réduction ou en créditant les comptes en banque) aux particuliers pour relancer la consommation.
  • Le cadre juridique s'est assouplit pour les entreprises (défiscalisation, report de charges, chômage partiel simplifié et facilité) au moins pour la durée de la crise, et cela pourrait perdurait longtemps ensuite, tant que l'économie souffre des conséquences de cette pandémie.
  • Des politiques extrêmes pourraient émerger dans certains pays. Difficile de dire si cela peut jouer favorablement ou non, sur le long terme, pour l'économie et les entreprises. Mais dans l'immédiat, tout sera mis en oeuvre pour éviter le chômage de masse, éviter les faillites à tout prix quitte à faire des nationalisations, et relancer à la fois la consommation et la production.
  • Les consommateurs pourraient avoir un regain de consommation plus important après cette période traumatisante de confinement. Néanmoins, leurs habitudes de consommation vont certainement être modifiées sur le court terme. Il est peu probable que le tourisme, notamment à l'étranger, retrouve ses niveaux antérieurs.
  • Si aujourd'hui, sur le court terme, les Etats mettent tout en oeuvre pour limiter la crise sanitaire et protéger les populations, ils mettront demain tout en oeuvre pour sauver leur économie. Beaucoup de choses ont été apprises suite à la crise financière de 2008, et à la crise des dettes européennes de 2011. Les banques centrales et les Etats agissent déjà de manière concertée et très réactive, contrairement en 2008 où cela a pris beaucoup de mois avant des actions concrètes.
  • Parmi les conséquences positives de cette pandémie, les populations et les gouvernements sortiront plus armés pour faire face aux prochaines maladies fortement contagieuses comme la grippe saisonnière qui coûte des milliards chaque année. En effet, les gens sauront pratiquer la distanciation sociale et les systèmes sanitaires d'alerte devraient être plus efficaces à l'avenir.
  • Enfin, la crise sanitaire pourrait se résoudre tout aussi brutalement avec la découverte d'un traitement thérapeutique efficace, validé sur plusieurs milliers de personnes selon une méthode scientifique rigoureuse, ou encore mieux avec la mise à disposition d'un vaccin efficace pour prévenir les futures épidémies de Covid-19. Mais dans le secteur de la santé, de telles inventions sont très longues à se mettre en place, il ne faut pas espérer de solutions miracles en quelques semaines.
Seul l'avenir nous dira combien de temps durera la crise, et si les séquelles économiques seront profondes aussi bien pour les habitudes des consommateurs que pour la production industrielle.

L'importance d'étaler ses achats et ses ventes

Une fois encore et comme à chaque crise, la leçon à retenir est qu'il faut faire de l'investissement progressif en étalant aussi bien ses achats que ses ventes. Comme il est impossible de savoir où seront les plus bas et les plus hauts, le fait d'investir la même somme (exemple : 1 000 euros) à la même fréquence (exemple : tous les 6 mois) vous permettra de lisser les aléas du marché. De plus, comme vous investissez la même somme, lors des bulles, vous achèterez moins d'actions, alors que lors des krachs, vous achèterez plus d'actions. Il faut donc arrêter de se rendre malade avec les marchés, et continuer son plan d'investissement progressif sur le long terme. Il suffit de voir l'impact des crises financières sur le S&P 500 pour comprendre que le meilleur horizon de placement est pour toujours (comme dirait Warren Buffet).

Ce qu'il faut retenir : si vous souhaitez entrer sur le marché actions, ne le faites pas d'un coup mais progressivement sur plusieurs mois (voire années) minimum. De même, si vous avez besoin de liquidités, c'est une prise de risque de tout vendre d'un coup : mieux vaut le faire progressivement aussi, d'où l'importance d'anticiper en amont ses besoins en argent. Et bien sûr, n'oubliez pas que la bourse est un investissement très long terme, sur plus de 10 ans idéalement.

Evolution du S&P 500 sur 66 ans (source : Wikipédia)

Une longue récession à venir... avec des excellentes opportunités d'investissement pour les plus patients

Pour la première fois dans l'histoire économique, une très grande majeure partie de la production et de la consommation mondales ont subi un grand coup d'arrêt brutal, sans visibilité sur la reprise. Avec l'internationalisation des échanges et du commerce, c'est toute l'économie mondiale qui va se retrouver en récession. Comme la pandémie dure dans la durée à cause des caractéristiques de ce virus encore mal connu, la récession risque de durer plus longtemps que prévu.

Beaucoup de gouvernements se sont voilés la face devant la dangerosité et l'impact sanitaire du coronavirus sur les populations et la saturation de systèmes de santé. Il est fort probable que les économistes se voilent aussi la face sur la durée de la récession économique ainsi que les impacts sur les marchés financiers. En effet, les analystes financiers ont tout à gagner à retenir au maximum les investisseurs et à ne pas faire paniquer la bourse : leurs clients ont investi des fortunes dans les actions d'entreprise...

Néanmoins, il ne faut pas oublier que ce sont durant les périodes les plus troubles que naissent les meilleures opportunités d'investissement. Par contre, il faut savoir se montrer patient : c'est la meilleure qualité dans l'investissement. Celles et ceux qui ont acheté des actions au début de la crise de 2008 n'ont pas énormément gagné, car la chute a duré plusieurs mois voire années. Par contre, celles et ceux qui ont continué à investir régulièrement même au pire de la crise, ont été ensuite largement récompensés pour leur patience !

Des particuliers qui vont se détourner une nouvelle fois des marchés actions

Comme après chaque crise, l'encours des PEA et l'attrait pour la bourse des particuliers va s'effondrer aussi fortement que la crise. En plus, il y a ici une crise qui touche fortement et directement tous les particuliers qui se retrouvent confinés et stressés. Cela est bien plus impactant psychologiquement que la crise financière de 2008 qui n'avait pas forcément touché directement toute la population (ou plutôt, tout le monde n'avait pas ressenti personnellement les secousses de cette crise financière de 2008).

Ce désamours des particuliers pour les actions est bien dommage, et c'est pour cela qu'il faut en tirer profit. Tant que les particuliers ne seront pas intéressés massivement par la bourse, il y aura peu à craindre sur des changements dans les avantages fiscaux des PEA. De même, plus les actions paraitront risquées aux yeux des investisseurs, meilleurs seront leurs rendements. Nous verrons dans les prochains mois à quel point les Etats sont prêts à dépenser pour sauver les grandes entreprises. Plus que jamais, il est important de diversifier ses placements au travers des trackers ou ETF d'indices boursiers larges car personne ne peut savoir, aujourd'hui, quelles entreprises mourront ou profiteront de cette crise sanitaire, financière et économique.

Les cygnes noirs : nous n'avons pas encore tout vu et nous sommes loin d'être préparés à tout

Une pandémie mondiale qui devient incontrolable : Bill Gates le prédisait déjà il y a plusieurs années après l'épidémie Ebola qui avait ravagé les pays en Afrique de l'Ouest. C'est typiquement une catastrophe imprévisible aux conséquences presques illimitées.

Néanmoins, il existe aussi plein d'autres risques imprévisibles dont les conséquences pourraient stopper aussi brutalement à la fois la consommation et la production dans une chaine de valeur de plus en plus complexe, internationale et enchevêtrée :
  • Une catastrophe naturelle majeure comme un tremblement de terre historique qui détruirait massivement des points de production critiques dans la chaine logistique
  • Une catastrophe nucléaire de type Tchernobyl qui toucherait de nombreux pays développés
  • Le réchauffement climatique qui pourrait dégénérer et provoquer une succession de problèmes météorologiques
  • Un conflit militaire mondial qui dégénèrerait rapidement
  • Une collision entre un astéroide massif et la Terre
Bien sûr, vous allez crier à la fiction voire la science-fiction... Et pourtant, cette pandémie du coronavirus que nous vivons actuellement a tout d'un blockbuster hollywoodien irréaliste ! Attention toutefois, il ne faut pas tomber dans la psychose et surtout ne pas sous-estimer la capacité des femmes et des hommes à se relever même dans les situations les plus extrêmes et difficiles. On s'en sort même plus forts parfois, au prix de nombreux sacrifices. N'écoutez pas non plus tous les lanceurs d'alerte fanatiques de l'apocalypse. Bien sûr, ceux qui ont prédit une crise en 2020 ont eu raison, mais c'est le phénomène de l'horloge cassée qui donne malgré tout la bonne heure deux fois par jour. Quand on crie tout le temps à la crise, on sait qu'on va finir par avoir raison.

Conclusion

Dans un contexte très particulier (taux très bas, niveau de dette publique et privée), nous sommes entrés dans une crise inédite qui a provoqué une paralysie à la fois de la consommation et aussi de la production, dans la majorité des pays développés. La crise touche à la fois l'offre et la demande, la confiance a été perdue et nous n'avons aucune visibilité sur la durée de cette crise, ni sur la potentielle reprise économique. Il est aussi difficile de savoir quelles solutions de relance seront efficaces à court, moyen et long terme.

Pourtant, plus que jamais, il faut s'en tenir aux règles d'investissement qui ont fait leurs preuves depuis des siècles malgré les guerres mondiales, les épidémies majeures ou les crises systémiques : acheter et vendre de manière progressive avec des montants fixes à intervalles réguliers, pour lisser les aléas. Il faut aussi toujours garder un peu de liquidités pour des achats opportunistes quand la visibilité s'améliorera. Quant à la diversification, elle devient encore plus indispensable : il n'y a pas que les actions d'entreprise dans la vie, mais aussi les obligations d'Etat (qui n'ont pas trop souffert), l'immobilier (qui continue de délivrer d'excellents rendements), et les fonds en Euros (qui sont garantis).

Enfin, si jamais le monde ne se relève pas de cette crise... Croyez-moi : votre portefeuille boursier sera le dernier de vos soucis !

Les bonnes et les moins bonnes solutions pour défiscaliser et optimiser ses impôts en 2020

En 2020, il existe toujours des dizaines de manières de défiscaliser ses revenus pour un particulier, afin de réduire l'impôt sur les revenus. Mais parmi toutes ses méthodes, beaucoup sont bien trop risquées et s'avèrent le plus souvent perdantes à long terme pour l'épargnant. Après analyse, les meilleurs moyens de défiscaliser restent l'épargne salariale et le nouveau Plan d'Epargne Retraite. L'investissement locatif en LMNP en frais réels est aussi un excellent moyen de se constituer un patrimoine sans se ruiner dans les impôts. Par contre, ne cédez pas aveuglément au dispositif Pinel dont la rentabilité n'est pas toujours acquise. De même, les placements dans les DROM-COM, la culture, les forêts et autres fonds dits niches fiscales sont souvent de mauvais paris sur le long terme.

Il existe de nombreuses solutions, plus ou moins efficaces, pour réduire ses impôts

En France, la moitié des foyers fiscaux paient l'impôt sur les revenus. Sur cette moitié, je pense que la totalité aimerait bien en payer moins s'ils pouvaient (même si, bien entendu, les impôts ont une utilité incontestable !). La France fait partie des pays où les niches fiscales sont abondantes. Mais encore faut-il les connaitre et savoir les utiliser. Ce billet n'est pas exhaustif mais vous présente les principales solutions pour réduire vos impôts sur les revenus si vous êtes un particulier, avec un regard critique sur certaines méthodes pas forcément gagnantes sur le long terme...

Bien entendu, les niches fiscales sont à utiliser uniquement si vous payez l'impôt sur les revenus de manière significative et régulière. Si vous faites partie des ménages qui ne paient pas l'impôt sur les revenus, inutile de défiscaliser, évidemment.

Les meilleurs méthodes pour réduire ses impôts en 2020

Parmi les nombreuses niches fiscales, voici celles qui me semblent les plus intéressantes pour un particulier. Selon moi, une niche fiscale présente un intérêt si elle ne fait pas courir un risque trop important à l'épargnant par rapport au gain espéré.

PEE et PERCO : pas d'impôts sur les revenus sur vos primes d'intéressement et de participation (après 5 ans)

Si vous avez le chance de pouvoir investir vos primes d'intéressement et de participation au sein d'un PEE (Plan d'Epargne Entreprise) ou un PERCO (Plan d'Epargne Retraite COllectif), c'est de loin la meilleure solution pour défiscaliser. La plupart des grandes entreprises proposent un PEE et un PERCO à ses salariés, mais pourtant, tout le monde n'en profite pas (souvent par méconnaissance ou à cause d'une gestion trop court-termiste de l'épargne).

La défiscalisation avec le PEE et PERCO fonctionne de la manière suivante : si vous placez votre intéressement ou votre participation dans votre PEE ou PERCO, alors cet intéressement ou cette participation sera totalement exonérée d'impôt sur les revenus. Et au moment où vous sortirez l'argent de votre PEE ou PERCO, vous n'aurez pas non plus d'impôts sur les revenus à payer sur ces sommes. Seuls les prélèvements sociaux (17,2 % aujourd'hui) sont dus pour l'intéressement et la participation (ainsi que sur les éventuelles plus-values que vous réaliserez lors de votre investissement dans le PEE ou PERCO).

Exemple : si vous touchez une prime de participation de 1 000 euros, si votre tranche d'imposition marginale est de 30 %, et si vous souhaitez toucher votre participation avec votre salaire, alors vous allez devoir payer 300 euros d'impôts ainsi que 172 euros de prélèvements sociaux. Mais si vous investissez ces 1 000 euros dans votre PEE, vous ne paierez que les 172 euros de prélèvements sociaux. Au moment du déblocage de ces 1 000 euros de votre PEE, vous n'aurez pas d'impôts sur les revenus à payer, juste les prélèvements sociaux sur les éventuelles plus-values réalisées.

Le seul inconvénient de cette méthode est qu'il faut avoir accès à un PEE et PERCO. Ses dispositifs sont réservés aux salariés (CDD ou CDI) d'entreprises qui proposent ces dispositifs, sous certaines conditions, et qui versent bien entendu de l'intéressement et de la participation. De plus, dans la plupart des cas, l'entreprise propose aussi des abondements qui vous permettent de maximiser encore plus les gains. Les abondements sont des bonus offerts par l'entreprise : si vous versez une certaine somme dans votre PEE ou PERCO, et sous certaines conditions, l'entreprise peut encore abonder (c'est-à-dire augmenter) cette somme gratuitement. C'est un avantage très important, à ne surtout pas négliger !

Le nouveau PER : réduire temporairement ses revenus imposables jusqu'au moment de la sortie de l'argent

Le nouveau Plan Epargne Retraite (PER) vous permet de déduire de vos déclarations de revenus toutes les sommes versées sur ce plan d'épargne. Si vous payez l'impôt sur les revenus, alors mécaniquement, vous allez en payer moins en investissant dans le PER. Attention toutefois : quand vous sortirez de l'argent de votre PER, vous serez soumis à l'impôt sur les revenus. Il faut donc espérer que d'ici votre retraite, votre tranche d'imposition ait baissé. La déduction des plafonds est limitée par le maximum entre 10 % de vos revenus et 4 052 euros en 2019.

Exemple : si vous déclarez 50 000 euros de revenus annuels et que vous placez 2 000 euros dans votre PER, alors vous ne serez imposés que sur 48 000 euros. Mécaniquement, cela baissera votre impôt sur les revenus. Par contre, lorsque vous ressortirez ces 2 000 euros investis lors de votre retraite, vous paierez alors l'impôt sur les revenus sur ces 2 000 euros, en fonction de votre tranche d'imposition marginale au moment de ce retrait.

Le PER est un moyen efficace pour réduire ses revenus déclarés et donc ses impôts

Pour plus d'informations sur le nouveau PER, vous pouvez lire mon billet à ce sujet.

PEA et PEA-PME : pas d'impôts sur les revenus sur vos plus-values (après 5 ans)

Le PEA et le PEA-PME sont des niches fiscales dans le sens où les plus-values générées au sein de ces plans d'épargne ne sont pas soumises à l'impôt sur les revenus, si vous respectez les conditions d'ancienneté (contrat de plus de 5 ans). Par contre, les plus-values restent soumises aux prélèvements sociaux (17,2 % aujourd'hui) au moment du retrait de l'argent. Attention, contrairement à un versement dans un PER ou dans un fonds de type SOFICA ou FIP, placer de l'argent dans un PEA ou un PEA-PME ne réduira pas votre impôt sur les revenus immédiatement. En effet, c'est une niche niscale uniquement pour les plus-values futures qui seront générées au sein du PEA ou PEA-PME.

Exemple : si vous déclarez 50 000 euros de revenus et que vous décidez de verser 10 000 euros dans un PEA, cela ne change rien ni à votre déclaration de revenus, ni à votre imposition. Par contre, si dans 5 ans, les 10 000 euros investis valent désormais 15 000 euros et que vous décidez de retirer ces 15 000 euros, alors vous ne paierez que les prélèvements sociaux (17,2 %) sur les 5 000 euros de plus-values, soit 860 euros. Si vous aviez utilisez un compte-titres au lieu d'un PEA, vous auriez eu à payer les prélèvements sociaux et aussi l'impôt sur les revenus, sur ces 5 000 euros de plus-values. Si vous êtes dans la tranche marginale d'imposition à 30 %, cela vous ferait au total 2 360 euros (soit 1 500 euros d'impôts et de prélèvements sociaux de plus qu'un PEA !).

Avant d'ouvrir un PEA ou un PEA-PME, je vous invite à lire mon comparatif détaillé de toutes les offres disponibles les plus compétitives afin de trouver le courtier ou la banque en ligne qui vous convient le mieux.

Assurance-vie : quasiment pas d'impôts ni de prélèvements sociaux sur vos plus-values (après 8 ans)

Tout comme le PEA et PEA-PME, l'assurance-vie offre une niche fiscale très intéressante pour les plus-values générées, à condition de respecter une ancienneté du contrat d'au moins 8 ans pour avoir les meilleurs avantages fiscaux. En effet, dès que votre contrat a au moins 8 ans (et peu importe le versement initial), lorsque vous retirez de l'argent, les éventuelles plus-values gagnées sont soumises au prélèvement forfaitaire de 7,5 % (au lieu d'entrer dans l'impôt sur les revenus) et aux prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 24,7 %. Et il y a aussi un avantage loin d'être négligeable : un abattement de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple (marié ou pacsé) sur les plus-values. Autrement dit : si vous retirez une somme d'argent dont les intérêts n'excèdent pas 4 600 euros (ou 9 200 euros selon votre situation), alors vous ne paierez aucun impôt ni prélèvements sociaux !

Ainsi, même si le taux global (24,7 %) peut paraitre moins avantageux que le PEA ou PEA-PME (17,2 %), grâce à cet abattement qui s'applique uniquement sur les plus-values (et non sur la somme totale retirée), l'assurance-vie s'avère être encore plus avantageuse fiscalement que le PEA dans de nombreux cas !

Exemple : si vous déclarez 50 000 euros de revenus et que vous décidez de verser 10 000 euros dans un PEA, cela ne change rien ni à votre déclaration de revenus, ni à votre imposition. Par contre, si dans 8 ans, les 10 000 euros investis valent désormais 15 000 euros et que vous décidez de retirer ces 15 000 euros, alors vous ne paierez que 24,7 % sur 400 euros (5 000 euros de plus-values moins 4 600 euros d'abattement), soit 98,8 euros (761 euros de moins que dans un PEA !).

Petite subtilité : si vous retirez plus de 150 000 euros, vous serez imposés au taux global de 30 %. Mais sauf si vous êtes très riche, il n'y a aucun intérêt à sortir autant d'argent d'un coup. Vous l'aurez compris : avec l'assurance-vie, il est important de prendre date rapidement puis de retirer son argent de manière lissée dans le temps pour profiter au maximum de l'abattement fiscal, et ainsi ne payer quasiment pas d'impôts !

L'autre avantage de l'assurance-vie réside aussi dans sa fiscalité très douce pour les successions : sans entrer dans tous les détails et situations possibles, transmettre un patrimoine via une assurance-vie vous permettra d'éviter d'importants impôts sur l'héritage (appelé droits de succession).

La LMNP en frais réel : l'investissement locatif à très faible imposition

L'investissement locatif fait partie des investissements les plus complexes et chronophages à gérer. Néanmoins, cela peut s'avérer très rentable à long terme et cela peut vous permettre d'avoir une rente non négligeable au bout de quelques années ou dizaines d'années. Si vous avez un PEA et une assurance-vie déjà bien garnies et dynamiques, ainsi qu'une épargne de précaution suffisante, je vous conseille vivement de vous informer puis de vous lancer dans l'investissement locatif dès que vous avez un apport d'au moins 20 000 euros et une bonne situation personnelle (afin d'avoir un prêt et une assurance aux tarifs avantageux, et de pouvoir acheter un bien immobilier cher mais plus rentable). Dès que j'aurais le temps, je compte écrire un long billet sur ce type d'investissement qui séduit chaque année de nombreux français.

Dans l'investissement locatif, il existe de très nombreuses manières de déclarer ses revenus locatifs : en location nue, en BIC ou micro-BIC, en LMP ou LMNP (Location Meublée Non Professionnelle), etc. Sans entrer dans les nombreux détails complexes de toutes ces situations, sachez que le meilleur régime fiscal pour l'investissement locatif est le LMNP en frais réels, dans 95 % des cas (pour ne pas dire quasiment tout le temps). Mais cela nécessite souvent de passer par un expert-comptable et surtout de se renseigner. Je vous prépare quelques articles à ce sujet pour cette année.

L'immobilier locatif nécessite beaucoup de temps et surtout d'optimiser la fiscalité

La LMNP en frais réel est une niche fiscale dans le sens où vous allez déduire énormément de frais sur vos revenus locatifs, et vous serez donc très peu imposé sur ces nouveaux revenus. En optimisant à l'aide d'un expert-comptable, il est même possible d'auto-financer complètement votre bien immobilier grâce aux amortissements fonciers. Par contre, tout comme le PEA ou l'assurance-vie, ce type d'investissement ne réduira pas directement votre assiette de revenus classiques sur laquelle vous êtes imposé.

Faire des travaux de rénovation et de transition énergétique

Les incitations fiscales pour les travaux de rénovation et de transition énergétique deviennent de plus en plus compliquées à suivre, au fil des évolutions de la loi et des volontés du gouvernement. Dès le 1er janvier 2021, le Crédit d'Impôt pour la Transition Energétique va être entièrement remplacée par une prime appelée Ma Prime Rénov.

A partir de 2021, Ma Prime Rénov devrait, normalement, être accessible à tous sauf aux 20 % de ménages les plus aisés. Elle sera versée, dans la limite de 20 000 euros, par l'Agence nationale de l'habitat, si vous faites des travaux de rénovation énergétique comme l'installation d'un chauffe-eau solaire, d'une pompe à chaleur ou encore l'isolation des murs de sa maison. Le pourcentage pris en charge par l'Etat peut aller jusqu'à 90 % en fonction de nombreux critères (maison ou appartement, revenus, etc.). Pour en savoir plus sur ce dispositif, je vous invite à regarder le site officiel du gouvernement de cette aide fiscale. J'essaierai de faire cette année un billet sur cette niche fiscale créée pour inciter les citoyens à rénover écologiquement leur habitat.

Louer une partie de son logement principal

Si vous possédez une grande propriété, il est possible de louer une partie de votre logement principal et d'être exonéré d'impôts et de prélèvements sociaux sur les loyers perçus. Mais cela doit se faire sous plusieurs conditions :
  • Votre location est la résidence principale de votre locataire, ou alors il s'agit d'une location pour un emploi saisonnier.
  • La surface louée doit être supérieure à 9 m², et le volume supérieur à 20 mètres cubes.
  • Le locataire doit pouvoir accéder à la cuisine, à la salle de bain et aux toilettes.
  • Le loyer annuel ne doit pas excéder un certain montant, en fonction de votre zone géographique. Pour info : en 2019, pour l'Ile-de-France, le loyer annuel ne devait pas excéder 187 euros le m² (ce qui est très bas en Ile-de-France).
  • Le logement doit respecter des critères de décence pour y vivre, avec un équipement en bon état, des prises électriques aux normes, etc.
Cette méthode de défiscalisation peut être intéressante si vous avez une très grande résidence principale, et que vous souhaitez accueillir de temps en temps des locataires exercent un emploi saisonnier. Avec cette fiscalité plus douce, cela peut être plus avantageux qu'une location classique en régime micro-BIC, notamment pour des petites surfaces louées où il est plus difficile de trouver de la clientèle.

GFF (Groupement Foncier Forestier) : investir dans les forêts pour défiscaliser

Les GFF sont des sociétés civiles qui ont pour objectif de gérer, améliorer ou conserver des zones forestières. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la filière du bois et des forêts reste relativement bien dynamique en France. Ces placements dans des GFF rapportent en moyennes 2 % par an en rendement net, grâce à la revalorisation régulière des prix des surfaces forestières.

Investir dans un GFF vous permettra de déduire 25 % de votre investissement de vos revenus. La contrainte est qu'il faut conserver ses parts durant au moins 5,5 ans pour profiter de l'avantage fiscal.

Exemple : si vous investissez 4 000 euros dans un GFF, et que vous payez normalement 3 000 euros d'impôts sur les revenus, alors vous n'aurez plus qu'à payer 2 000 euros grâce à une réduction de 1 000 euros. Ce n'est pas un crédit d'impôt, donc l'éventuel surplus de défiscalisation n'est pas reportable sur l'année suivante.

Là encore, j'ai prévu de vous faire un billet sous forme de tutoriel pour expliquer comment investir dans les GFF pour réduire ses impôts. En effet, ce n'est pas si simple quand on débute, et il peut y avoir beaucoup d'arnaques sur Internet à ce sujet.

Employer une personne à domicile ou une assistante maternelle

C'est certainement une des niches fiscales les plus utilisées en France : l'emploi à domicile. En effet, si vous embaucher une personne pour des cours à domicile, de la garde d'enfants (à domicile ou non), des travaux de jardinage, des prestations de ménage ou même de l'assistance informatique, alors vous pouvez bénéficier d'un crédit d'impôts.

En effet, la moitié des dépenses en emploi à domicile vous est remboursée sous forme de crédit d'impôts, c'est-à-dire comme une réduction directe de votre impôt sur les revenus. Et si vous ne payez pas ou pas assez d'impôt cette année-là, le crédit d'impôt est reporté à l'année suivante, et ainsi de suite. C'est le principe du crédit d'impôts (au contraire de la réduction d'impôt qui n'est pas reconductible).

Le plafond des dépenses varie en fonction de l'activité payée. Il est parfois très faible comme c'est le cas des assistantes maternelles à seulement 2 300 euros par enfant. De plus, le plafond total de dépenses est de 12 000 euros par an donc avec un crédit d'impôt à 50 %, cela revient à 6 000 euros maximum par an en crédit d'impôts.

Exemple : si vous avez payé une assistante maternelle pour 2 000 euros, alors vous avez un crédit d'impôts de 1 000 euros, qui sera utilisé pour réduire vos impôts cette année ou bien la partie non utilisé du crédit sera reportée l'année prochaine.

Dons caritatifs : offrir son argent plutôt que de le donner aux impôts

Dans les bonnes solutions pour défiscaliser, je souhaitais terminer par une méthode qui n'en est pas vraiment une : la philanthropie au travers les dons à des associations ou des organismes d'intérêt général. Ce n'est pas une méthode de défiscalisation dans le sens où l'argent donné aux associations n'est pas un investissement. Mais vous aurez droit néanmoins à une réduction d'impôt (et non un crédit, donc non reportable sur les années suivantes) plafonné à 20 % des revenus imposables.

Exemple : si vous déclarez 50 000 euros de revenus imposables et que vous avez fait des dons à hauteur de 100 euros dans l'année à une association d'aide aux personnes en difficulté, alors vous aurez le droit à une réduction directe d'impôt de 75 euros. Si vous donnez plus, vous ne pourrez pas dépasser une réduction totale de 10 000 euros.

La fiscalité française incite depuis toujours à faire preuve de solidarité et de philanthropie

Même si les dons ne sont pas des investissements et que donner vous fera forcément perdre de l'argent par rapport à une situation où vous ne donnez rien (peu importe votre imposition), les dons philanthropiques, c'est aussi investir dans l'humanité et notre avenir ! Alors n'hésitez pas, il n'existe pas de petite générosité !

Les méthodes risquées à éviter pour réduire ses impôts en 2020

Il existe encore plein d'autres solutions pour défiscaliser ou niches fiscales. Néanmoins, toutes ne sont pas bonnes à prendre. En effet, certaines présentent des risques trop élevés pour l'investisseur : à quoi bon payer moins d'impôt si l'argent économisé est perdu dans un investissement fortement perdant par rapport à un autre investissement plus classique...

Loi Pinel : attention aux contraintes et aux mauvaises affaires maquillées

Il existe un lobbying très fort pour promouvoir les dispositifs dans l'immobilier défiscalisant comme la loi Scellier, la loi Duflot ou encore récemment la loi Pinel. En fait, beaucoup de professionnels sont gagnants avec ces dispositifs : promoteurs immobiliers, agents immobiliers, conseillers fiscaux, etc.

Malheureusement, c'est très rarement intéressant pour les particuliers investisseurs qui sont, hélas, trop nombreux à se laisser piéger par l'attrait de l'immobilier et de la défiscalisation.

Attention aux nombreuses mauvaises affaires et aux commissions très élevées autour des offres éligibles à la loi Pinel

En effet, le dispositif aurait pu être intéressant mais il existe beaucoup d'inconvénients très peu mis en avant :
  • Le bien immobilier est parfois dans des zones peu attractives, avec une faible croissance des prix de l'immobilier.
  • Souvent, les biens éligibles au dispositif Pinel ont une sur-prime de quelques pourcents, soit plusieurs milliers d'euros.
  • Les loyers sont encadrés et le logement doit être loué nu (non meublé) pendant au moins 6 ans en tant que résidence principale pour les locataires. Cela peut être contraignant pour trouver facilement des locataires.
  • Enfin et surtout : les intermédiaires qui vous aident à acquérir et gérer un bien en dispositif Pinel vont prendre une importante commission de plusieurs millieurs d'euros aussi.
  • Au final, vous allez payer un bien immobilier plus cher pour le louer moins, et en payant beaucoup de frais à vos intermédiaires qui vous font miroiter une prétendue belle affaire.
Au total, cela ne sert à rien d'économiser 20 000 euros d'impôts pour avoir à payer 30 000 euros en charges diverses, surcoût à l'achat et frais de commission. Pour séduire les particuliers, les professionnels utilisent les arguments de l'immobilier, prétendue éternelle valeur idéale de placement, et la défiscalisation avec l'attrait de ne pas payer d'impôts pendant plusieurs années. En creusant et en analysant un peu plus, on se rend compte que le dispositif Pinel est dans la très grande majorité des cas beaucoup moins intéressant que de faire un investissement locatif en LMNP à frais réel. Donc soyez très vigilant avant de céder aux sirènes qui vous vendent du Pinel à tout va...

Investir dans les DROM-COM (ex-DOM-TOM) via le Girardin Industriel : intéressant si la société ne fait pas faillite

Si vous souhaitez financer des moyens industriels ou agricoles de sociétés implantées dans les DROM-COM (ex-DOM-TOM), alors vous pouvez obtenir une réduction importante de vos impôts. Investir suivant le dispositif Girardin Industriel est toujours à fonds perdus : tout l'argent investi sera perdu, et vous n'aurez aucun rendement ni dividende. Par contre, le gain se fait sur la réduction d'impôt qui peut être supérieure au montant investi. Le pourcentage varie entre 110 et 120 % en fonction des produits sur lesquels vous avez investi.

Attention toutefois : le principal risque est le risque que l'administration fiscale conteste votre niche fiscale, notamment en cas de faillite de l'exploitant sous les 5 ans. Et dans ce cas, vous aurez à rembourser le gain fiscal, et vous aurez en plus perdu l'intégralité de votre placement dans la société ! Il faut donc absolument passer par des intermédiaires très sérieux et fiables, apportant des garanties, sous peine d'avoir de mauvaises surprises par la suite. De plus, le ticket d'entrée est parfois très élevé donc cela en vaut la peine uniquement si vous payez beaucoup d'impôt. La réduction d'impôt n'est pas reconductible d'année en année contrairement à un crédit d'impôt.

Investir dans les DROM-COM est risqué mais très avantageux fiscalement

Aujourd'hui, je manque encore de recul pour vous conseiller un bon intermédiaire pour être sûr que votre défiscalisation sera validée dans toutes les situations, et dans le temps. Si vous avez des informations ou des conseils, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires.

Exemple : si vous investissez 10 000 euros dans un  financement éligible au Girardin Industriel, alors vous pouvez réduire votre impôt sur les revenus de 11 000 euros (voire 12 000 euros dans certains cas). Attention : l'entreprise doit être toujours existante dans les 5 années à venir, et il faut être certain que ce financement entre bien dans le cadre du dispositif Girardin Industriel.

Pour info : le dispositif Girardin Industriel permet de dépasser le plafond des niches fiscales de 10 000 euros de réduction d'impôts pour aller jusqu'à 18 000 euros maximum (donc si vous avez atteint votre plafond, vous pouvez encore gratter 8 000 euros avec le Girardin Industriel).

FIP (Fonds d'Investissement de Proximité) ou FCPI (Fonds Commun de Placement dans l'Innovation) : risqué et peu liquide

Les FIP sont des fonds qui investissent au moins 70 % de l'argent dans des PME situées dans des régions limitrophes. Les FCPI sont des fonds qui investissent au moins 70 % de l'argent dans des PME innovantes. En investissant dans un FIP ou un FCPI, vous pouvez réduire vos impôts sur le revenu de 25 % du montant total investi. La réduction d'impôt n'est pas un crédit d'impôt (donc si vous réduisez au-delà de votre montant total d'impôts à payer cette année, le surplus de réduction n'est pas reporté l'année suivante). De plus, cette réduction est plafonnée à 3 000 euros pour un célibataire, et le double pour un couple.

Exemple : si vous investissez 12 000 euros dans un FIP et que vous payez 3 500 euros d'impôts sur les revenus, alors vous n'aurez plus qu'à payer 500 euros d'impôts, soit 3 000 euros d'économie. Pour que l'opération soit gagnante, il faudrait que vous arriviez à vendre vos parts dans le FIP à au moins 9 000 euros, tous les frais compris.

Derrière cet attrait fiscal se cache la dure réalité : vous êtes obligé de garder vos parts durant 5 ans minimum, et ces produits sont souvent très risqués avec des frais importants et un ticket d'entrée élevé. Le bonus offert de 25 % est loin de compenser l'importante prise de risques. De plus, ces parts sont peu liquides, c'est-à-dire que vous aurez du mal à les revendre à un acheteur. Vous pouvez finir coincé avec votre investissement qui ne vous rapporte que très peu de dividendes, sans pouvoir revendre pendant longtemps. C'est pourquoi je vous déconseille cette méthode de défiscalisation, sauf si vous avez une confiance absolue dans le FIP (ou FCPI) et votre intermédiaire financier.

Investir en direct dans des PME non cotées : très peu liquide, à vos risques et périls

Tout comme les placements dans des FIP ou FCPI, il est possible de réduire ses impôts de 25 % du montant investi dans des PME non cotées via l'achat de parts en nominatif. Pour comprendre la notion de nominatif en actionnariat, je vous invite à relire mon article sur les clubs d'actionnaires.

Exemple : si vous investissez 10 000 euros dans une PME non côtées qui cherche à lever des fonds, et que vous payez normalement 4 000 euros d'impôts, alors vous n'aurez plus qu'à payer 1 500 euros d'impôts, soit une économie de 2 500 euros (25 % de 10 000 euros).

Une fois encore, la réussite de cette solution de défiscalisation reposera entièrement sur la solidité des PME choisies, et votre capacité à vendre vos parts après 5 ans. Je vous rappelle que lorsqu'une société fait faillite, alors les actionnaires perdent la totalité de leurs investissements. De plus, les parts d'une société non cotée sont très difficile à revendre, vous devrez trouver un acheteur directement et vous accorder sur le prix de vente. Ce n'est pas comme acheter et vendre sur le marché Euronext en quelques secondes...

SOFICA (SOciétés de Financement de l'Industrie Cinématographique et Audiovisuel) : rarement rentable et peu liquide

Investir dans les SOFICA vous permet de financer des oeuvres cinématographiques et télévisuelles qui ont du mal à trouver des fonds. Il faut être réaliste : ce genre de placement est très rarement, voire jamais rentable. Néanmoins, si vous souhaitez soutenir la culture et les oeuvres cinématographiques à tout prix, vous pouvez aussi en profiter pour défiscaliser et limiter la perte. En fonction des fonds, vous pouvez obtenir une réduction d'impôt allant jusqu'à 48 % du montant total investi.

Exemple : si vous investissez 10 000 euros dans une SOFICA éligible à une réduction d'impôt de 40 %, et que vous payez 4 000 euros, alors vous n'aurez aucun impôt à payer cette année ! Par contre, rien n'est garanti concernant vos 10 000 euros investis...

Investir dans le cinéma français est très risqué mais vous pouvez défiscaliser une partie de votre investissement

Là encore, les parts dans les SOFICA sont très peu liquides : il n'y a pas beaucoup d'acheteurs sur le marché, donc vous aurez du mal à revendre vos actions dans ces sociétés. Préparez-vous à devoir les garder longtemps, et donc d'avoir tout votre investissement immobilisé pendant de longues années... Tout comme le Girardin Industriel, avec l'investissement dans les SOFICA, vous pouvez dépasser le plafond des niches fiscales pour aller jusqu'à 18 000 euros de réduction d'impôts.

Conclusion

Les possibilités pour réduire vos impôts ne manquent pas en France. Attention toutefois au plafonnement global des niches fiscales : vous ne pouvez pas réduire de plus de 10 000 euros votre impôt sur les revenus. Il existe cependant des exceptions (cela serait trop simple sinon, merci la fiscalité française) qui permettent de dépasser ce plafond pour certains investissements (par exemple pour les SOFICA où on peut aller jusqu'à 18 000 euros).

Dans tous les cas, n'oubliez pas qu'investir ne doit pas être fait uniquement pour défiscaliser mais aussi pour faire fructifier intelligemment son argent. Il est inutile de gagner sur ses impôts pour tout perdre dans son investissement. Restez toujours prudents face aux soi-disant experts et conseillers qui sont surtout là pour vous vendre leurs produits et toucher des commissions... Les particuliers qui payent beaucoup d'impôts tombent encore trop souvent dans le piège de la défiscalisation à tout-va. Ne vous laissez pas séduire aveuglément !

Trackers et ETF éligibles au PEA et PEA-PME : les meilleurs choix pour 2020

Ne vous prenez plus la tête dans vos investissements et privilégiez l'investissement passif au travers des fonds ETF (Exchange-Traded Fund) ou trackers au sein de votre PEA ou PEA-PME pour avoir la meilleure fiscalité. Sur le long terme, vous aurez de meilleures performances que les fonds de gestion active. Je vous présente ici la liste des meilleurs ETF ou trackers, actualisée pour l'année 2020. Cette liste sera mise à jour tout au long de l'année. Si vous détectez une erreur, n'hésitez pas à me le signaler.

Liste des meilleurs trackers et ETF éligibles au PEA et PEA-PME

Comme chaque année, je vais mettre à jour et enrichir la liste des meilleurs trackers ou ETF éligibles au PEA et PEA-PME. Voici la liste pour l'année 2020. Sachez qu'il existe plus de 250 trackers ou ETF éligibles au PEA, d'après le moteur de recherche Quantalys.

Pour comprendre comment ces trackers et ETF sont éligibles au PEA malgré les conditions restrictives, veuillez lire mon précédent billet sur leur fonctionnement.

N'oubliez pas de lire le DICI (Document d'Information Clé pour l'Investisseur) avant d'investir pour avoir toutes les informations importantes.

Trackers ou ETF MSCI World

Ces trackers sont à acheter en priorité et sont indispensables pour diversifier au mieux votre PEA car l'indice MSCI World est représentatif de toutes les plus grandes capitalisations du monde.

AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF EURO (CW8) - LU1681043599 - frais de gestion annuels à 0,38 % - dividendes distribués et capitalisés

AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF USD (CW8U) - LU1681043672 - frais de gestion annuels à 0,38 % - dividendes distribués et capitalisés
Ce tracker est identique au précédent sauf qu'il est coté en USD.

LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD C-EUR (EWLD) - FR0011869353 - frais de gestion annuels à 0,45 % - dividendes capitalisés

Trackers ou ETF S&P 500

Ces ETF répliquent l'indice large des capitalisations américaines et présentent l'avantage d'avoir des frais de gestion très faible.

AMUNDI ETF PEA S&P 500 UCITS ETF EURO (PE500) - FR0013412285 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes capitalisés

AMUNDI ETF PEA S&P 500 DAILY HEDGED UCITS ETF EURO (P500H) - FR0013412293 - frais de gestion annuels à 0,28 % - dividendes capitalisés
Ce tracker est identique au précédent sauf qu'il est hedgé contre les risques de change. Sur le long terme, les risques de change n'ont pas besoin d'être couverts.

LYXOR PEA S&P 500 UCITS ETF C-EUR (PSP5) - FR0011871128 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes capitalisés

BNP PARIBAS EASY S&P 500 UCITS ETF USD (ESDD) - FR0011550680 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes capitalisés
Ce tracker est coté en USD.

Trackers ou ETF petites et moyennes capitalisations

Ce trackers vous permettent d'investir dans des entreprises de petites et moyennes tailles, qui sont très peu représentées dans les grandes indices boursiers comme le MSCI World ou le S&P 500. La volatilité est plus importante mais le rendement peut s'avérer plus élevé sur le long terme.

AMUNDI ETF EURO STOXX SMALL CAP UCITS ETF (ESM) - FR0010900076 - frais de gestion annuels à 0,30 % - dividendes distribués

AMUNDI ETF RUSSELL 2000 UCITS ETF EUR (RS2K) - LU1681038672 - frais de gestion annuels à 0,35 % - dividendes capitalisés
Ce tracker permet de suivre l'indice phare des petites capitalisations américaines, le Russell 2000.

AMUNDI ETF RUSSELL 2000 UCITS ETF USD (RS2U) - LU1681038839 - frais de gestion annuels à 0,35 % - dividendes capitalisés
Ce tracker est identique au précédent sauf qu'il est coté en USD.

LYXOR ETF MSCI EMU SMALL CAP UCITS ETF (MMS) - LU1598689153 - frais de gestion annuels à 0,40 % - dividendes capitalisés
Ce tracker permet de suivre les petites et moyennes capitalisations de la zone Euro.

LYXOR ETF CAC MID 60 UCITS ETF (CACM) - FR0011041334 - frais de gestion annuels à 0,50 % - dividendes distribués
Ce tracker permet de suivre la performance des 60 entreprises françaises de taille moyenne, juste après le CAC 40 et le CAC Next 20. En gros, ce sont les 60 plus petites capitalisations parmi les 120 plus grandes capitalisations de la Bourse de Paris.

LYXOR ETF PEAPME UCITS ETF (PEAP) - FR0011770775 - frais de gestion annuels à 0,50 % - dividendes distribués
Ce tracker est éligible au PEA et aussi au PEA-PME. Il est composé de 40 petites et moyennes capitalisations françaises, très concentré sur les 10 premières lignes, ce qui le rend plus risqué et volatil.

Trackers ou ETF CAC 40

Ces ETF suivent l'indice phare de la bourse de Paris. L'intérêt d'investir dans ces trackers est surtout la fiscalité car un tracker ou ETF ne paie pas l'impôt prélevé à la source dans son pays. Ces trackers ont donc cet avantage fiscal qui permet de faire environ chaque année 0,3 % mieux que le CAC 40, malgré les frais de gestion !

LYXOR CAC 40 UCITS ETF (CAC) - FR0007052782 - frais de gestion annuels à 0,25 % - dividendes distribués

AMUNDI CAC 40 UCITS ETF (C40) - LU1681046931 - frais de gestion annuels à 0,25 % - dividendes distribués

BNP PARIBAS EASY CAC 40 UCITS ETF (E40) - FR0010150458 - frais de gestion annuels à 0,25 % - dividendes distribués

Trackers ou ETF pour la zone Europe

Ces trackers dédiés à la zone Europe ont souvent des frais de gestion plus faibles et sont beaucoup moins exposés aux risques de change parce que la plupart des entreprises européennes sont cotées en devise EUR.

AMUNDI ETF PEA MSCI EUROPE (PCEU) - FR0013412038 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes capitalisés

AMUNDI ETF EURO STOXX 50 UCITS ETF DR EUR (C50) - LU1681047236 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes capitalisés

LYXOR EURO STOXX 50 (DR) UCITS ETF D-EUR (MSE) - FR0007054358 - frais de gestion annuels à 0,20 % - dividendes distribués

VANGUARD FTSE DEVELOPED EUROPE UCITS ETF (VEUR) - IE00B945VV12 - frais de gestion annuels à 0,15 % - dividendes distribués
Ce tracker est dit à réplication physique, c'est-à-dire qu'il est composé exactement des mêmes actions que l'indice qu'il suit. Ses frais de gestion sont très faibles à 0,12 %. Il réplique la performance de l'indice FTSE Developed Europe avec les entreprises du Royaume-Uni.

VANGUARD FTSE DEVELOPED EUROPE EX UK UCITS ETF (VERX) - IE00BKX55S42 - frais de gestion annuels à 0,12 % - dividendes distribués
Ce tracker est dit à réplication physique, c'est-à-dire qu'il est composé exactement des mêmes actions que l'indice qu'il suit. Ses frais de gestion sont très faibles à 0,12 %. Il réplique la performance de l'indice FTSE Developed Europe sans les entreprises du Royaume-Uni.


Trackers ou ETF NASDAQ-100

Il existe principalement 2 indices sur la bourse américaine du NASDAQ : le NASDAQ Composite qui regroupe 2 500 entreprises, et le NASDAQ-100 qui regroupe les 100 plus importantes. Malheureusement, seul le NASDAQ-100 est disponible au sein d'un PEA au travers d'un tracker. C'est donc un indice moins diversifié, fortement investi sur les entreprises de nouvelles technologies et à forte croissance.

LYXOR UCITS ETF PEA NASDAQ-100 (PUST) - FR0011871110 - frais de gestion annuels à 0,30 % - dividendes capitalisés

AMUNDI ETF PEA NASDAQ-100 UCITS ETF (PANX) - FR0013412269
- frais de gestion annuels à 0,23 % - dividendes capitalisés

Trackers ou ETF pour les pays émergents

Ces trackers permettent d'augmenter l'exposition de votre portefeuille aux pays émergents, qui présentent plus de risques mais peuvent avoir un rendement plus intéressant sur le long terme.

AMUNDI ETF PEA MSCI EMERGING MARKETS (PAEEM) - FR0013412020 - frais de gestion annuels à 0,20 % - dividendes capitalisés

LYXOR UCITS ETF PEA MSCI EMERGING MARKETS C-EUR (PLEM) - FR0011440478 - frais de gestion annuels à 0,55 % - dividendes capitalisés

BNP PARIBAS EASY NEXT 11 UCITS ETF EUR - FR0012739423 - frais de gestion annuels à 0,80 % - dividendes capitalisés
Ce tracker est investi dans les pays considérés comme les prochains grands émergents (Corée, Mexique, Indonésie, Turquie, Philippines et Egypte). Il offre ainsi une exposition différentes des trackers "Pays Emergents" classiques. Attention, les frais de gestion sont très élevés pour un ETF.

LYXOR SOUTH AF PEA (FTSE JSE TOP40) - FR0011871144 - frais de gestion annuels à 0,65 % - dividendes capitalisés
Ce tracker permet d'investir dans l'économie sud-africaine à travers les 40 plus grandes capitalisations de la bourse de Johannesburg, aujourd'hui considéré comme un des pays africains les plus stables et à fort potentiel de croissance.

Trackers ou ETF obligataires

A ce jour, il existe un seul tracker obligataire éligible au PEA. Il vous permet d'investir sur un placement beaucoup plus sécurisé que les actions mais aussi beaucoup moins rémunérateur à long terme, surtout en cette période de taux bas. Par contre, c'est un ETF très utile pour ne pas laisser dormir ses liquidités dans son PEA.

LYXOR PEA OBLIGATIONS ETAT EURO UCITS ETF (OBLI) - FR0013346681 - frais de gestion annuels à 0,40 % - dividendes capitalisés

Trackers ou ETF immobilier

Il est très difficile de trouver des sociétés immobilières éligibles au PEA depuis une modification des conditions d'éligiblité en 2011. A ce jour, le seul ETF immobilier éligible au PEA est celui de Lyxor qui suit l'indice FTSE EPRA/NAREIT représentatif des sociétés cotées, dans l'investissement immobilier ou la promotion immobilière en Europe.

LYXOR PEA IMMOBILIER EUROPE (FTSE EPRA/NAREIT) UCITS ETF CAPI (PMEH) - FR0011869304 - frais de gestion annuels à 0,40 % - dividendes capitalisés

Trackers ou ETF éligibles au PEA-PME

Le PEA-PME ne rencontre qu'un succès très mitigé (pour ne pas dire un échec) et à ce jour, il n'existe qu'un seul tracker éligible. C'est dommage car cet ETF n'est clairement pas équilibré ni bien diversifié en termes de secteurs d'activités.

LYXOR ETF PEAPME (PEAP) - FR0011770775 - frais de gestion annuels à 0,50 % - dividendes distribués
Ce tracker est éligible PEA et aussi PEA-PME. Il est composé de 40 petites et moyennes capitalisations françaises, très concentré sur les 10 premières lignes, ce qui le rend plus risqué et volatil.

Trackers ou ETF smart beta

La stratégie smart beta part du principe qu'une pondération par la capitalisation n'est pas optimale. Pour plus d'informations sur le smart beta, vous pouvez relire mon précédent billet. Les trackers ou ETF suivants permettent de faire de l'investissement smart beta au sein d'un PEA.

[N'est plus éligible au PEA] AMUNDI MSCI EUROPE VALUE FACTOR UCITS ETF (CV9) - LU1681042518 - frais de gestion annuels à 0,23 % - dividendes distribués et capitalisés
Stratégie value factor basée sur les ratios de valeurs de l'entreprise.

[N'est plus éligible au PEA] AMUNDI MSCI EUROPE HIGH DIVIDEND FACTOR UCITS ETF (CD9) - LU1681041973 - frais de gestion annuels à 0,45 % - dividendes distribués et capitalisés
Stratégie pour surpondérer les actions offrant de hauts dividendes.

[N'est plus éligible au PEA] AMUNDI MSCI EUROPE MINIMUM VOLATILITY FACTOR UCITS ETF (MIVO) - LU1681041627 - frais de gestion annuels à 0,45 % - dividendes distribués et capitalisés
Stratégie pour surpondérer les actions ayant une volatilité historique plus faible que la moyenne.

[N'est plus éligible au PEA] AMUNDI MSCI EUROPE MOMENTUM FACTOR UCITS ETF (MCEU) - LU1681041460 - frais de gestion annuels à 0,45 % - dividendes distribués et capitalisés
Stratégie value factor basée sur un indicateur technique mesurant l'évolution des cours.

Trackers ou ETF avec effet de levier

Les trackers à effet de levier permettent de répliquer un indice avec un coefficient multiplicateur. Ce coefficient peut aussi être négatif : ce sont le cas des ETF baissiers qui permettent de parier la baisse des indices. Mais faites très attention à l'effet beta slipping ou beta slippage. Je vous déconseille fortement d'en acheter.

LYXOR UCITS ETF SHORT CAC 40 (SHC) - FR0010591362 - frais de gestion annuels à 0,40 % - dividendes capitalisés
Ce tracker montera de x % quand l'indice CAC 40 baissera de x %.

LYXOR UCITS ETF CAC 40 DAILY DOUBLE SHORT (BX4) - FR0010411884 - frais de gestion annuels à 0,60 % - dividendes capitalisés
Plus radical encore avec un effet de levier, ce tracker montera de 2x % quand l'indice CAC 40 baissera de x %. 

AMUNDI ETF SHORT CAC 40 DAILY UCITS ETF (C4S) - FR0010717124 - frais de gestion annuels à 0,35 % - dividendes distribués
Ce tracker montera de x % quand l'indice CAC 40 baissera de x %.

AMUNDI ETF SHORT EURO STOXX 50 DAILY UCITS ETF (C5S) - FR0010757781 - frais de gestion annuels à 0,35 % - dividendes distribués
Ce tracker montera de x % quand l'indice Euro Stoxx 50 baissera de x %. 

AMUNDI ETF LEVERAGED CAC 40 DAILY UCITS ETF (CL4) - FR0010756064 - frais de gestion annuels à 0,30 % - dividendes distribués
Ce tracker à effet de levier montera de 2x % quand l'indice CAC 40 montera de x %. 

AMUNDI ETF LEVERAGED EURO STOXX 50 DAILY UCITS ETF (CL5) - FR0010756072 - frais de gestion annuels à 0,30 % - dividendes distribués
Ce tracker à effet de levier montera de 2x % quand l'indice Euro Stoxx 50 montera de x %.

Trackers ou ETF monétaires

A ma connaissance, il n'existe aucun tracker ou ETF monétaire éligible au PEA ou PEA-PME. Mais vu les taux (parfois négatifs), ils ne seraient pas du tout intéressant, autant mettre de l'argent dans son Livret A ou sur des fonds en euros d'une assurance-vie.

N'hésitez pas à compléter dans les commentaires ci-dessous les autres trackers que vous trouvez intéressants !

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Selectos est un site d'origine belge qui a ouvert ses portes en début d'année 2019. Sur le marché très concurrentiel des comparateurs, Selectos se veut être le premier et véritable comparateur de produits en tout genre (électronique, électroménager, robotique, etc.) totalement impartial et fiable.

Selectos est un comparateur de produits qui se veut impartial et fiable

Il n'est toujours pas simple de faire son choix face à plusieurs dizaines de modèles et marques différents. Sur Internet, vous trouverez sans problème des tests et des avis, mais là encore, il est très difficile de faire la part des choses entre les articles sponsorisés et les faux avis. De plus, nous sommes tous personnellement sujets à des biais cognitifs ou des préjugés autour de certaines marques ce qui peut fausser nos choix.

Parmi les très nombreux sites comparateur de produits, j'ai beaucoup apprécié Selectos dont l'objectif principal est de fournir des avis impartiaux, neutres et fiables. Si au début, j'étais assez dubitatif, après avoir lu de nombreux comparatifs sur des produits que je connais bien, j'ai été convaincu par leurs tests. Un des avantages de Selectos est aussi la diversité des produits testés, allant des smartphones aux épilateurs à lumière pulsée, en passant par les équipements pour enfants. De plus, les articles sont relativement faciles à lire et très souvent, le comparateur propose un Top 3 en fonction de ce que vous recherchez : un bon rapport qualité/prix ou du haut de gamme.

Le modèle économique de Selectos repose uniquement sur les liens affiliés Amazon, qui permettent au site de toucher une commission sur les achats que vous réaliserez éventuellement après avoir lu leurs comparatifs. Selectos garantit qu'ils n'accepteront jamais de faire un test sponsorisé et qu'ils n'accepteront aucun financement (peu importe sous quelle forme) d'une marque particulière. C'est leur manière de garantir leur indépendance, qui est le facteur discriminant de ce site.

Les meilleurs smartphones sous Android selon Selectos
Les meilleures poussettes trio selon Selectos

Bref, désormais avant d'acheter, je vous conseille d'aller faire un tour sur Selectos pour être sûr d'acheter le bon modèle et au bon prix, par rapport à vos besoins. Dites stop au gaspillage d'argent inutilement dépensé (et donc non épargné !) dans des produits qui ne correspondent pas à vos critères, ou à des prix au-dessus du marché. Il reste à voir si ce site arrivera à maintenir à jour tous ses comparatifs car les produits et les marquents évoluent vite, et les performances du jour ne préjugent en rien de l'avenir ! Enfin, n'oubliez pas le réflexe de l'occasion quand vous souhaitez acquérir : certains objets s'y prêtent très bien, vous trouverez facilement des produits quasiment neufs ou peu servis, à moitié prix sur des sites comme Le Bon Coin (je pense notamment aux outils de bricolage, aux chaines de neige pour voitures, aux véhicules, aux vélos, aux appareils de musculation, etc.).

Economitips : une newsletter sympa et rapide à lire sur l'économie et la finance

Extrait d'un e-mail issu de la newsletter Economitips

Aujourd'hui, je vous parle d'une newsletter (ou lettre d'information en bon français...) que j'ai découverte récemment : Economitips. Il s'agit d'un e-mail que vous recevez une à deux fois par semaine, et qui vous explique de manière ludique et pédagogique une histoire intéressante, une anecdote amusante ou un concept utile en lien avec l'économie ou la finance.

Se cultiver, apprendre et s'enrichir par les newsletters est un moyen peu chronophage et pratique : vous pouvez lire le mail durant vos temps de transport ou autres temps d'attente. Pas besoin d'avoir une connexion Internet si votre mail a été téléchargé, vous pouvez lire la newsletter quand bon vous semble de manière flexible.

Les autres newsletters Artips et Sciencetips

Economitips fait partie d'une petite famille de lettres d'informations et ses petites soeurs sont Artips (pour des histoires intéressantes sur les oeuvres d'art) et Sciencetips (pour toutes les anecdotes scientifiques à connaitre pour briller en société).

Enfin, il existe des milliers de newsletters sur Internet mais si vous ne deviez en garder qu'une, je ne peux que vous conseiller celle de Time To Sign Off (ou TTSO pour les intimes) : en cinq minutes, vous avez un résumé efficace et sympa à lire sur toute l'actualité de la journée, ainsi que des articles très courts pour vous cultiver sur divers sujets. L'essayer, c'est l'adopter !

Extrait de la newsletter quotidienne TTSO, un must have !


L'économie, une science étonnante et loin d'être exacte

Comme j'en parle régulièrement sur mon blog, l'économie est loin d'être une science dure et exacte. Une des preuves les plus flagrantes est le fait que des prix Nobel d'économie (ou plus exactement le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques) ont récompensé des chercheurs dont les thèses étaient complètement opposées.

Malgré tout, l'économie reste un domaine particulièrement riche en anecdotes et concepts intéressants. Développer sa culture économique et son esprit critique vous permettra de mieux comprendre et aborder notre monde où la finance et les sciences économiques jouent un rôle primordial. C'est pour cela que je vous conseille de vous abonner à Economitips et de continuer à développer votre esprit critique en lisant des sources variées et indépendantes.

Les Français en retard sur la culture économique

Ce n'est pas une nouvelle surprenante, ni un fait nouveau : les Français sont en moyenne très mauvais en économie et finance (et bons derniers au niveau européen d'après une étude récente). Pourtant, avec Internet et le nombre presque infini de ressources disponibles, il y a de quoi faire pour améliorer le niveau. Et c'est aussi un des enjeux de mon blog : participer au renforcement de la culture économique de tous. Parce que l'économie et la finance jouent un rôle majeur dans notre monde, il est important de connaitre leurs principes et leurs limites pour mieux appréhender la société, et bien sûr, pour mieux investir son argent !

Qu'est-ce qu'un tracker ETF hedgé ?

Les fonds ETF ou trackers sont des actifs financiers qui répliquent les performances d'un indice boursier, avec éventuellement un effet de levier. Certains trackers sont dits "hedgés" : cela signifie qu'ils sont composés de produits financiers censés couvrir contre les risques de change. Cela n'est pertinent que pour les indices boursiers composés d'actions cotées dans une devise étrangère. Mais au final, se couvrir du risque de change n'est pas pertinent sur le long terme, et le surcoût lié à cette couverture n'en vaut clairement pas la peine.

Un tracker dit hedgé permet de se couvrir contre les risques de change

Qu'est-ce qu'un tracker ou ETF dit hedgé ? En voilà une question pas simple, surtout que la définition et l'explication restent encore sujet à débats. La notion de hedge en finance signifie la couverture contre un risque. Les hedge funds sont des fonds financiers qui pratiquent ce qu'on appelle la gestion alternative qui consiste à utiliser l'effet de levier de l'emprunt, acheter des produits dérivés afin de se couvrir de certains risques, le tout dans le but de surperformer les marchés et de limiter la casse en cas de krachs ou de baisse durable.

En pratique, ce qu'on appelle les trackers hedgés, ce sont des fonds ETF qui offre une certaine couverture contre les risques de fluctuations des monnaies. En effet, un tracker S&P 500 composé d’actions cotées en dollars est sensible à l’évolution du cours Euro/Dollar. Afin de vous couvrir contre ce risque de change et éviter la volatilité liée aux brutales variations, certains émetteurs de trackers proposent des ETF hedgés. Vous payez un peu plus de frais de gestion sur un ETF hedgé, mais vous neutralisez le risque de change pour ne garder que le risque marché.

Cela peut sembler un peu technique et barbare. Mais sachez que sur le long terme, se hedger contre les risques de change ne présente aucun intérêt. Au sein d'un PEA, vous payez au début en euros (même si l'ETF est coté en dollars) et au moment de la vente, vous serez payé en euros aussi. De plus, la plupart des trackers hedgés ne sont pas éligibles au PEA (mais LINXEA Avenir en propose dans son assurance-vie, comme le LYXOR MSCI WORLD UCITS ETF - MONTHLY HEDGED TO EUR - D (WLDH - FR0011660927). Le seul intérêt d'un tracker hedgé réside dans sa capacité à réduire la volatilité, c'est-à-dire les variations, de votre portefeuille mais le hedge ne vous permettra pas d'avoir une meilleure performance sur le long terme. Comme ces trackers hedgés ont, en plus, des frais de gestion plus élevés que les ETF non hedgés, je ne vous les conseille pas dans une optique d'investissement long terme.

Enfin sachez que les ETF qui sont cotés en dollars comme AMUNDI ETF MSCI EMERGING MARKETS UCITS ETF USD (AUEM - LU1681045453) ne sont pas des trackers hedgés dans le sens où ils ne cherchent pas à limiter la volatilité liée aux fluctuations des monnaies. Ce sont juste des trackers cotés en dollars, fonctionnant exactement comme ceux cotés en euros qui suivent le même indice.

Mon avis complet sur la LOA (Location avec Option d'Achat) : bonne affaire ou arnaque ?

La LOA (Location avec Option d'Achat) est une méthode de financement de plus en plus proposée par les concessionnaires et surtout les mandataires. Les vendeurs savent parfaitement mettre en avant les avantages : possibilité de rouler en véhicule neuf avec un faible apport, un budget soi-disant maitrisé sur le long terme, etc. Mais en y regardant de plus près, c'est toujours financièrement très mauvais de passer par une LOA plutôt qu'un prêt à taux zéro (de moins en moins proposé malheureusement) ou un achat comptant. L'idéal reste encore d'acheter un véhicule quasi-neuf auprès d'un collaborateur Peugeot ou Renault, puis de le revendre quelques années après.

Attention aux offres faussement alléchantes de LOA pour acquérir votre voiture

Si vous cherchez à acheter un véhicule neuf, vous êtes forcément tombé(e) sur ces offres alléchantes de Location avec Option d'Achat (LOA). Généralement, le mandataire ou la concession vous fait miroiter un budget maitrisé dans la durée, la possibilité de rouler toujours dans un véhicule neuf, et la possibilité de revendre votre voiture à un particulier plus chère que l'option d'achat afin de générer une petite plus-value.

Est-ce que la LOA est une bonne affaire ? Après beaucoup d'analyses, malheureusement, c'est une bonne affaire uniquement pour le mandataire ou la concession qui vous la vend. D'une manière générale, passer par une LOA engendre un surcoût très important par rapport à un achat comptant ou un prêt à taux zéro (désormais de moins en moins proposé), pour des avantages minimes et beaucoup de contraintes. Je vais vous expliquer pourquoi en détails dans ce billet.

LOA : fonctionnement et arguments mis en avant par les vendeurs

La LOA consiste à payer un loyer tous les mois à un vendeur pour pouvoir utiliser un véhicule qui ne vous appartient pas, exactement comme une location, sur une durée bien déterminée. La différence est que vous avez une option d'achat (et non une obligation d'achat) à la fin de ce contrat, qui vous permet d'acheter votre voiture à un prix plus faible. Néanmoins, il est quasiment tout le temps préférable de ne pas exercer cette option d'achat (même les vendeurs vous le diront) pour continuer la LOA sur un nouveau véhicule. En effet, prendre une LOA pour ensuite exercer l'option d'achat pour acquérir le véhicule vous coûtera bien plus cher que de l'acheter comptant dès le début. Continuer sur la LOA vous évitera une grosse sortie de trésorerie, mais sur le long terme, c'est largement perdant comme vous le comprendrez plus bas...

La LOA présente quelques avantages qui sont très largement mis en avant par les vendeurs pour vous faire craquer :
  • L'apport est généralement faible, de l'ordre de quelques milliers d'euros, même pour de très bonnes voitures (pour le haut de gamme, prévoyez plutôt 10 000 euros minimum).
  • Le budget est soi-disant maitrisé, dans le sens où vous savez à l'avance combien vous allez payer tous les mois. Mais c'est une illusion, comme vous allez le comprendre plus loin dans mon billet.
  • Vous roulez toujours avec un véhicule récent si vous n'exercez pas votre option d'achat. A chaque renouvellement du contrat de LOA, vous avez une nouvelle voiture. Vous pouvez donc facilement changer de modèles si vous le souhaitez, et adapter vos mensualités.
Malgré ses avantages indéniables, les inconvénients suivant ne doivent pas être oubliés :
  • L'apport initial doit être renouvelé à tous les débuts de périodes. Par exemple : pour une LOA sur une durée de cinq ans, le loyer initial (appelé abusivement apport par les vendeurs) doit être payé tous les cinq ans ! Ce n'est plus du tout l'esprit d'un apport traditionnel, comme dans l'immobilier par exemple...
  • Le véhicule ne vous appartient pas tant que l'option d'achat n'est pas exercée, donc vous devez en prendre soin de manière rigoureuse sinon vous risquez de payer des frais à la fin de la période de LOA. Les mandataires sont généralement bien plus exigeants qu'un client particulier quand ils devront récupérer votre véhicule.
  • Vous avez un kilométrage limité chaque année, cela est donc moins flexible et à déconseiller pour celles et ceux qui roulent plus de 30 000 km par an, à cause des tarifs prohibitifs pour les gros rouleurs.
Certains vendeurs mettent en avant le fait qu'on puisse vendre son véhicule à un prix plus élevé que son prix d'option d'achat. Par exemple : si le prix de l'option d'achat de votre LOA est de 10 000 euros, rien ne vous interdit de le vendre ensuite 12 000 euros à un particulier si vous arrivez à le trouver via Le Bon Coin, La Centrale ou autre. S'il est vrai que c'est possible en fonction de la voiture et des conditions de la LOA, vous ne ferez qu'un gain minime qui ne compensera pas le surcoût de la LOA, comme je vais l'expliquer ci-dessous.

Un surcoût loin d'être négligeable pour un confort supplémentaire faible

Psychologiquement, cela semble toujours plus intéressant de payer 200 euros par mois plutôt que de débourser d'un coup 20 000 euros... En effet, il faut attendre plus de 8 ans pour que les 200 euros par mois dépassent les 20 000 euros. Néanmoins, et c'est là où est le piège, les offres LOA exigent toujours un premier loyer. Et celui-ci est très impactant, surtout que ce premier loyer est renouvelé tous les 3, 4 ou 5 ans en fonction des offres de LOA.

Pour illustrer ce phénomène : un loyer de 5 000 euros tous les 4 ans suivi de mensualités de 200 euros revient en fait à 304 euros par mois. Au bout de 6 ans, vous aurez dépasser les 20 000 euros ! A première vue, cela ne saute pas aux yeux, mais si vous sortez votre calculatrice, vous allez vite vous en rendre compte.

Analyse détaillée sur un exemple concret

Afin de mieux comprendre pourquoi la LOA va vous coûter beaucoup plus cher sur le long terme, prenons un exemple concret : vous n'avez pas de véhicule, et vous souhaitez rouler en Peugeot 3008, moteur essence 130 ch. PureTech 1.2 , boite de vitesse automatique EAT8, finition Allure. Le prix neuf constructeur sans aucune remise sur ce véhicule est de 34 500 euros. Voyons ce que cela donne suivant les différentes possibilités d'acquisition.

→ Cas de la LOA : le coût du véhicule (hors entretien, assurance) revient à 335 euros par mois pour 10 000 km par an

Aramisauto propose actuellement une offre exclusive très avantageuse pour ce véhicule précis en LOA à 210 euros par mois. J'ai pris l'offre la plus avantageuse sans aucune garantie facultative qui sont pourtant très utile (garantie emprunteur, garantie perte financière, etc.).

Mais à cela, il faut ajouter un premier loyer de 7 500 euros, qu'il faudra payer tous les 60 mois (c'est-à-dire tous les 5 ans). Et sous cette LOA, vous ne pourrez pas rouler plus de 10 000 km par an. L'option d'achat est à 11 000 euros au bout des 5 ans, mais comme vu précédemment, il n'est jamais intéressant d'exercer son option d'achat en LOA.

Ce qui doit vous interpeller dès le début est le montant élevé de l'apport : 7 500 euros sur 60 mois, cela revient en fait à 125 euros par mois ! Soit plus de la moitié du loyer de 210 euros.

Donc si vous choisissez cette LOA, le coût du véhicule sera de 335 euros par mois, sans compter le fait que vous devez en prendre extrêmement soin pour ne pas avoir à payer de pénalités au bout des 60 mois quand vous le rendrez pour en avoir un autre.

→ Cas d'un achat comptant : le coût du véhicule (hors entretien, assurance) revient à 276 euros par mois pour 10 000 km par an

Que ce soit en concession ou en mandataire, n'achetez jamais un véhicule sans qu'il y a un minimum de remise (sauf éventuellement pour les Dacia où il n'y a pas de politique de remise en concession, ou alors très faible). Sur un tel véhicule plutôt moyen-haut de gamme, vous pouvez viser auprès d'un mandataire et de manière réaliste, 20 % de remise, ce qui revient à un achat à 27 600 euros.

Pour comparer à la LOA, il faut estimer maintenant le prix de revente au bout de 60 mois, donc après 50 000 km, sur ce véhicule. Dans une hypothèse très pessimiste et pour faciliter la comparaison, prenons l'hypothèse que vous revendez la voiture à 11 000 euros, le prix issu de l'option d'achat dans la LOA. Cela revient donc à payer 16 600 euros sur 60 mois, soit 276 euros par mois, soit 18 % moins cher que la LOA. Bien sûr, il faut avoir une grande capacité de trésorerie pour acheter le véhicule comptant, mais cela est largement gagnant sur le long terme. Même avec un prêt à un taux de 2 % est avantageux... Et encore : j'ai pris des hypothèses très avantageuses pour la LOA, et des hypothèses très prudentes pour l'achat comptant. Vous trouverez plein de situations où l'écart est bien plus important entre la LOA et l'achat traditionnel.

La LOA, c'est aussi beaucoup de paperasse qui couvre principalement le vendeur et pas le client

Au final, sur 5 ans, nous avons un surcoût de 3 540 euros de la LOA par rapport à un achat traditionnel, sur l'exemple d'un Peugeot 3008. Je vous laisserai vérifier mes chiffres par vous-même sur Internet : ce raisonnement est valable aussi pour les autres types de véhicules, que ce soit du haut de gamme ou entrée de gamme... De plus, un achat traditionnel vous évitera la fastidieuse paperasse et contrat alambiqué sans fin liés aux offres de LOA !

Et si la meilleure solution était l'achat puis la revente entre particuliers ?

En fait, il y a encore mieux comme solution pour rouler à faible coûts : acheter auprès d'un collaborateur Peugeot ou Renault puis revendre le véhicule au bout de quelques années ou à moins de 60 000 km pour éviter une décôte trop importante.

En effet, les collaborateurs Peugeot ou Renault bénéficient d'une remise importante de l'ordre de 20 à 30 %, comme chez les mandataires. Mais contrairement aux mandataires, passer directement par un particulier vous évitera les frais liés aux entreprises et autres frais de dossier. S'il existe des sites dédiés pour les ventes de véhicules collaborateurs, aujourd'hui, la quasi-totalité des offres se font désormais sur l'incontournable Le Bon Coin. Il vous suffit de mettre le mot-clé collaborateur dans vos recherches de véhicule pour cibler ces offres particulièrement intéressantes.

Généralement, les collaborateurs doivent garder leurs véhicules 4 à 6 mois minimum, puis ils les revendent, donc avec un très faible kilométrage (moins de 10 000 km) et les voitures sont dans un parfait état. C'est comme acheter neuf, avec une remise de plus de 30 % parfois !

Si on reprend notre exemple précédent du Peugeot 3008 : pour un tel véhicule, vous trouverez facilement des offres collaborateurs à 26 000 €. Si vous revendez votre voiture au bout de 4 ans, d'après les prix pratiqués sur Le Bon Coin, vous arriverez sans problème à en tirer au moins 15 000 euros, soit un coût total (hors entretien, assurance) de 11 000 euros sur 4 ans, soit 230 euros par mois ! Vous trouverez facilement des acheteurs pour des véhicules ayant un kilométrage inférieur à 60 000 km. De plus, un particulier sera bien moins exigeant et difficile qu'un mandataire ou une concession concernant les rayures ou les petits défauts.

L'autre avantage de revendre rapidement votre voiture est que vous roulez toujours en véhicule quasiment neuf, avec très peu de frais d'entretien (avant 50 000 km, vous n'avez généralement pas besoin de changer de plaquettes, de disques, de pneus ou de courroie de distribution). Et si vous regardez de près vos factures de garage, vous verrez que ce genre d'opérations peut vite vous coûter l'équivalent de plusieurs dizaines (voire centaines) d'euros par mois !

L'inconvénient de cette méthode est qu'en fonction de votre lieu géographique, vous aurez peut-être à faire pas mal de route pour avoir votre voiture : les collaborateurs Peugeot et Renault ne sont pas partout en France... De plus, cette méthode est valable pour ces deux groupes (et donc aussi les marques Citroën, Dacia, etc.) mais les collaborateurs d'autres entreprises (Volkswagen, Toyota ou autres) n'ont pas autant de remises en France, malheureusement. Ce qui laisse un choix relativement restreint pour votre véhicule...

Quid de la Location Longue Durée (LDD) ?

Il existe aussi une autre méthode pour pouvoir rouler en maitrisant son budget : c'est la Location Longue Durée ou LDD. Ce type de financement ressemble beaucoup à la LOA, à la différence près que vous ne pouvez pas acheter le véhicule à la fin du contrat. Si les mensualités peuvent être plus flexibles voire plus faibles en LDD par rapport à la LOA, cela reste un mauvais pari financier sur le long terme. Même dans le cas où il n'y a pas d'apport initial, au bout de quelques années, cela revient bien plus cher que d'acheter puis revendre.

De plus, la LDD comporte les mêmes inconvénients que la LOA : vous n'êtes pas prioritaire du véhicule, vous devez le rendre dans un très bon état sous peine de payer des frais importants et vous avez un kilométrage limité par an.

Tout comme la LOA, la LDD vous donne l'illusion de maitriser votre budget mais s'avère être un gouffre financier sur le long terme par rapport à un achat traidtionnel. Je pense que la LOA et la LDD s'adresse surtout aux particuliers dans une situation très particulière, avec peu de trésorerie disponible et qui sont obligés d'avoir un véhicule sur une certaine période, tout en ne souhaitant pas s'embêter avec l'achat et la revente.

Conclusion

Aujourd'hui, il n'est plus possible de trouver une publicité pour un véhicule qui donne son prix total. Nous n'avons que le prix mensuels, et c'est très trompeur car l'impact du premier loyer est considérable, et payer une somme modeste tous les mois peut rapidement être très coûteux.

D'expérience personnelle, la méthode la moins chère est, sans conteste, d'acheter un véhicule ayant moins de 10 000 km auprès d'un collaborateur Peugeot ou Renault, puis de le revendre avant ses 60 000 km. Cela peut paraitre fastidieux mais aujourd'hui, avec des sites comme Le Bon Coin, vous trouverez facilement des acheteurs et des vendeurs. De plus, la procédure de changement de carte grise se fait désormais intégralement sur Internet (sans déplacement à la préfecture). Cela est donc beaucoup plus simple qu'avant. Enfin, avec cette méthode, vous n'aurez jamais de frais d'entretien élevés et vous roulerez toujours dans des véhicules récents.

Attention toutefois aux modes de paiements entre particuliers : n'acceptez que les chèques en banque, et demandez à votre acheteur de vous fournir une photo dès qu'il obtient le chèque afin que vous puissiez vérifier auprès de sa banque l'authenticité du chèque. N'utilisez jamais le numéro affiché sur le chèque de banque car il pourrait s'agir d'un numéro complice.

Si la LOA est de plus en plus plébiscitée par les concessions et les mandataires, c'est parce qu'elle leur permet de générer plus de revenus et de manière pérenne dans le temps. Le consommateur est toujours perdant, et certaines LOA sont presque abusives ! Malheureusement, comme elles ne tombent pas sous la règlementation des prêts de consommation, l'opacité sur le coût total de la LOA peut tromper les clients. Donc soyez vigilant et ne cédez pas aux offres trop alléchantes...