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Comment épargner pour ses enfants ?

Epargner et investir de l'argent pour ses enfants est une excellente idée pour transmettre une partie de son patrimoine sans payer de frais de succession. Aujourd'hui, les banques proposent de nombreux dispositifs d'épargne pour les jeunes mais après analyse, très peu s'avèrent intéressants. Par ordre de préférence, les meilleurs moyens d'épargner pour ses enfants restent à ce jour l'assurance-vie sans hésitation, éventuellement le Livret Jeune pour de l'épargne immédiate et le PEL depuis la baisse des taux d'intérêt du Livret A.

Investissez le plus tôt pour vos enfants, vous ne le regretterez pas dans 20 ans !

Si vous en avez les moyens, je vous conseille très fortement de mettre de l'argent de côté régulièrement, dès la naissance de vos enfants, pour leur constituer petit à petit une épargne qui leur sera très utile au moment de la majorité, des éventuelles études supérieures et de la prise d'indépendance. Epargnez chaque année pour ses enfants a deux principaux avantages : vous pouvez investir cet argent pour du long terme (donc cela vous génèrera d'importantes plus-values à la fin), et vous étalerez vos investissements dans le temps afin de lisser les aléas boursiers. Je vous rappelle que l'investissement progressif est une excellente pratique sur le long terme.

Aujourd'hui, les banques font le maximum pour capter les clients le plus tôt possible, et proposent des plans d'épargne très alléchants pour capter l'épargne des enfants. Néanmoins, à ma connaissance, je n'ai trouvé aucun dispositif intéressant parmi les offres proposées par les banques à cause de l'impact important de la fiscalité : sur tous les livrets non réglementés, vous aurez à payer les prélèvements sociaux (17,2 %) et l'impôts sur les revenus (cela dépend de votre tranche d'imposition marginale). Il est possible d'opter pour la flat tax ou prélèvement forfaitaire unique, aujourd'hui à 30 %, incluant les prélèvements sociaux.

Passons en revue les différents dispositifs d'épargne accessible dès la naissance ou quelques années après, du plus intéressant au moins intéressant.

Assurance-vie (dès la naissance) : le meilleur dispositif à conditions de bien choisir sa banque ou son assureur

L'assurance-vie reste, aujourd'hui, le moyen incontournable pour épargner et faire fructifier son argent, dès la naissance. En effet, la fiscalité est très avantageuse pour les sorties d'argent après 8 ans. En effet, pour tout montant retiré, vous ne paierez pas d'impôts sur les revenus si, sur le montant retiré, les plus-values sont inférieures à 4 600 euros par personne ou 9 200 euros pour un couple (mais vous paierez les prélèvements sociaux). Au-delà de cet abattement, en 2020, vous paierez sur les plus-values, le prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax) de 24,7 % (voire 17,2 % si vous ne payez pas d'impôts sur les revenus).

La première question à se poser avant d'ouvrir une assurance-vie pour son enfant est le choix de la banque ou de l'assureur. Pour cela, je vous invite à lire mon comparatif des meilleures banques en ligne. Selon moi, il est préférable de passer par un service en ligne car les frais sont très significativement plus faibles que chez les banques traditionnelles qui ponctionnent énormément d'argent sur le long terme. Je vous conseille sans hésiter Fortuneo, et vous pouvez utiliser mon code parrain 12644522 pour obtenir jusqu'à 150 euros gratuitement (contre 110 euros habituellement sans parrain). Linxea est aussi un assureur en ligne très réputé et extrêmement compétitif, souvent recommandé. Cet assureur propose les mêmes fonds en euros très performant que Fortuneo.

Ensuite, vous avez le choix entre une gestion pilotée par la banque, ou bien une gestion libre où c'est vous qui décidez à chaque versement dans quels fonds investir. Ne vous laissez pas séduire aveuglément par la gestion pilotée qui vous coûtera bien plus chère sur le long terme et sans aucune garantie de meilleure performance. En gestion libre, vous pouvez largement faire aussi bien qu'une gestion pilotée, les frais en moins. Pour choisir librement vos fonds pour investir, je vous conseille mon article sur les meilleurs fonds éligibles à l'assurance-vie Fortuneo. Cela vous donnera une idée plus générale sur comment investir et diversifier son argent.

Puis, il faut se poser la question des versements d'argent et de leur fréquence. Je vous invite à relire mon billet sur l'investissement progressif et je vous conseille d'appliquer ces règles afin de ne pas vous prendre la tête sur quand acheter, quand vendre, etc. Les marchés sont capricieux et imprévisibles, c'est le principe même de la bourse. Acheter et vendre au fil de l'eau, de manière étalée dans le temps, vous permettra de lisser les aléas et réduire ces risques.

Livret Jeune (à partir de 12 ans et jusqu'à 25 ans) : un bon plan d'argent disponible mais très limité

Le Livret Jeune est un des placements les plus mis en avant par les banques pour permettre aux parents d'épargner pour leurs enfants. Contrairement au Livret A ou LDDS, son taux n'est pas réglementé mais toutes les banques proposent généralement un taux très attractif pour attirer la jeune clientèle. Chez la BNP par exemple, le Livret Jeune offre un rendement net de 1,25 % contre 0,5 % pour le Livret A. De plus, comme le Livret A, le Livret Jeune est totalement exonéré d'impôts ou de prélèvements sociaux.

Malheureusement, le Livret Jeune n'est accessible qu'à partir de son douzième anniversaire. De plus, le plafond est limité à 1 600 euros seulement. C'est le principal inconvénient de ce livret défiscalisé. L'idée est donc de mettre l'argent sur un Livret A en attendant les 12 ans, puis transférer 1 600 euros vers le Livret Jeune dès le douzième anniversaire de l'enfant.

A titre de comparaison, 1 600 euros placés dans un Livret Jeune à un taux de 1,25 % entre 12 et 25 ans rapportera 173 euros de plus que cette même somme placée dans un Livret A sur la même durée. Ce n'est pas énorme, mais c'est toujours ça de pris...

PEL ou Plan Epargne Logement (dès la naissance) : des contraintes mais un rendement désormais meilleur que le Livret A

L'heure de gloire du Plan Epargne Logement (ou PEL) est passée depuis longtemps... En effet, depuis la baisse drastique et durable des taux d'emprunt, le droit à l'emprunt à un taux privilégié n'est plus du tout intéressant (2,2 % sur 2 à 15 ans alors que vous pouvez largement emprunter à 1 % sur cette période). Ce droit à l'emprunt est disponible sous conditions, après 4 ans d'épargne et n'est absolument pas une obligation.

Néanmoins, depuis la baisse du taux du Livret A et du LDDS à 0,5 %, le rendement du PEL redevient intéressant. En effet, il est aujourd'hui de 1 % brut, soumis ensuite aux prélèvements sociaux (17,2 %) et l'impôt sur les revenus. Si vous ne payez pas d'impôts, cela revient à 0,83 % net, ce qui est pas mal pour un placement sécurisé. Si vous payez l'impôt sur les revenus, vous pouvez opter pour le prélèvement forfaitaire unique ou flat tax à 30 %, d'où un rendement net de 0,7 %. C'est toujours mieux que le Livret A ou le LDDS. Quant au plafond de 61 200 euros, il est très largement suffisant pour ce genre d'épargne à faible rendement.

Mais le PEL impose de nombreuses contraintes de versements contrairement au Livret A : vous êtes obligé de verser au moins 540 euros par an. De plus, l'argent est bloqué pendant au moins 4 ans. Vous ne pouvez plus l'alimenter au bout de 10 ans. Et le plan d'épargne cesse de produire des intérêts après 15 ans. Cela dit, pour épargner pour ses enfants, ces contraintes sont mineures et le PEL peut donc s'avérer une bonne alternative au Livret A. En espérant que les règles du jeu ne changent pas d'ici là...

Pour rappel : si vous avez un vieux PEL dont le rendement est très élevé (2,5 % pour les plans entre 2003 et 2015), je vous conseille de le garder et de l'utiliser comme épargne sécurisée. Même avec la fiscalité, le rendement est bien meilleur que le Livret A. Par contre, pour vos enfants, vous n'aurez pas le choix que d'ouvrir un nouveau PEL au taux de 1 % aujourd'hui.

Livret A (dès la naissance) : l'argent disponible mais à un taux très faible

Le placement préféré des français avec l'assurance-vie, le Livret A reste un bon dispositif totalement défiscalisé (sans impôt sur les revenus ni prélèvements sociaux) pour mettre un peu d'argent de côté pour son enfant, pour qu'il puisse l'utiliser rapidement. C'est le principal avantage du Livret A : l'argent est disponible immédiatement, comme le Livret Jeune, alors que dans une assurance-vie, cela nécessite une démarche administrative un peu plus lourde.

Le plafond à 22 950 euros est très largement suffisant pour épargner pour son enfant. Je vous recommande néanmoins de ne pas dépasser 5 000 euros pour plutôt investir dans l'assurance-vie afin d'avoir un bien meilleur rendement sur le long terme. En effet, le taux du Livret A est clairement son point faible depuis sa récente revalorisation à la baisse : seulement 0,5 % par an. Certes, c'est totalement net d'impôts et de prélèvements, mais c'est bien faible par rapport à d'autres placements en assurance-vie.

Comme un petit matelas de liquidités est toujours intéressant pour un jeune pour démarrer la vie active ou les études, il ne faut donc pas oublier le Livret A pour mettre un peu d'argent de côté pour ses enfants.

Les super livrets ou livrets à taux boostés : attention à la fiscalité !

Quasiment toutes les banques (en ligne ou traditionnelles) proposent des super livrets, appelés aussi livrets à taux boostés. Il y a aussi PSA Banque et RCI Banque, respectivement les banques de financement de Peugeot et Renault, qui proposent à tous les livrets Distingo et Zesto, dont les taux font partie des meilleurs du marché, aujourd'hui à 0,8 % brut.

Attention par contre à la fiscalité, vous aurez à payer les prélèvements sociaux et l'impôt sur les revenus. En fonction de votre tranche marginale d'imposition, vous pouvez aussi opter pour la flat tax à 30 %. Ces super livrets ne sont intéressants que lorsque vous ne payez pas d'impôts mais autrement, même avec la flat tax, le rendement net devient quasi-identique au Livret A, qui n'est déjà pas une bonne option pour épargner sur le long terme.

Conclusion

Il est indispensable d'investir et faire fructifier de l'argent pour ses enfants, dès la naissance : vous serez très heureux de l'avoir fait plusieurs années plus tard, au moment des études ou de leurs débuts dans la vie active. Pour cela, je vous conseille de privilégier l'assurance-vie : vous pouvez l'utiliser sans problème, pour plus de 80 % de l'épargne de vos enfants. Les risques seront maitrisés si vous diversifiez bien vos placements. Dès 12 ans, vous pouvez aussi placer de l'argent dans le Livret Jeune pour bénéficier du taux bonifié. Le PEL s'avère être aussi une bonne alternative pour placer de l'argent, depuis la baisse récent des taux d'intérêt du Livret A et du LDDS. Enfin, le Livret A peut aussi être une option mais à hauteur de 5 000 euros grand maximum, car son rendement est de moins en moins intéressant, et sur le long terme, l'assurance-vie est bien meilleure.

Epargner pour ses enfants uniquement au travers de l'assurance-vie est aussi envisageable mais vous prenez un risque si les règles fiscales changent sur ce support, surtout que c'est l'épargne préférée des Français, et quand les gouvernements cherchent un peu d'argent, c'est vers là qu'ils se tournent...

Enfin, pour rappel, le PEA (Plan Epargne Actions) n'est pas accessible à un mineur. Dès la majorité, si la personne est encore rattachée au foyer fiscal de ses parents, il est alors possible d'ouvrir un PEA Jeune. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce nouveau dispositif, je vous invite à relire mon billet concernant toutes les évolutions du PEA suite à la loi Pacte, et pourquoi je pense que le PEA Jeune va être un échec.

Assurance-vie, PEA, PEE, livrets... : comment investir son argent pour le court, moyen et long terme ?

Quelle épargne privilégier pour le court, moyen et long terme ?

Voici une question essentielle et primordiale dans l'investissement : quel support d'épargne choisir pour quel horizon de placement ? Et pourtant, rares sont les particuliers qui s'y intéressent... Même s'il n'y a jamais de règles figées dans le marbre dans l'investissement, surtout avec les règles fiscales françaises qui changent chaque année, voici quelques grands principes qui peuvent vous guider sur comment investir votre argent en fonction de votre horizon de placement.

L'épargne court terme, à moins de 3 ans

Sur un horizon de 1 à 3 ans, on parle généralement d'épargne court terme. Sur une telle durée, vous n'arriverez pas à faire fructifier votre épargne sauf à prendre énormément de risques. Selon moi, cela n'en vaut jamais la peine à moindre d'avoir des dons de voyance ! Il faut donc garder juste assez d'épargne pour les aléas et l'investir sur des supports sans risque. Voici la liste des supports sans risque qui sont vraiment utiles pour l'épargne court terme :
  • Comptes courants : pas besoin de présenter les comptes courants ! La seule chose à garder en tête, c'est qu'ils ne produisent jamais des intérêts et que même avec une autorisation de découvert (c'est-à-dire d'un solde négatif), vous devrez payer des agios ou des frais si votre solde est négatif. Il faut donc surveiller régulièrement (au moins tous les mois) ses comptes courants. Faites aussi attention aux mouvements suspects. Certaines arnaques peuvent retirer des petits montants en plusieurs fois et étalés dans le temps pour passer inaperçu. Si vous voyez et que vous utilisez votre carte bancaire à l'étranger, cela peut vous arriver plus fréquemment !
  • Livret A : le livret le plus populaire en France permet d'épargner jusqu'à 22 900 euros (hors intérêts), mais le taux de rémunération est malheureusement bien faible à seulement 0,75 %, donc inférieur à l'inflation en ce moment. L'argent y est disponible à tout moment.
  • LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) : ce livret permet d'épargner jusqu'à 12 000 euros, et fonctionne comme le livret A sauf qu'il faut être majeur pour en ouvrir un.
  • LEP (Livret d'épargne populaire) : le livret d'épargne populaire est réservé aux personnes ayant des revenus modestes. Il permet d'épargner à un taux supérieur au livret A (aujourd'hui 1,25 %) et jusqu'à 7 700 euros (hors intérêts capitalisés). Ce livret est à privilégier si vous êtes éligible.
  • Livret jeune : le livret jeune est réservé aux 12-25 ans, et bénéficie d'un taux de rémunération annuel net supérieur à 0,75 %, librement fixé par les banques. Très souvent, les banques proposent entre 1 et 2 % pour attirer les jeunes. Malheureusement, le plafond va vite limiter vos gains. En effet, vous ne pourrez pas verser plus de 1 600 euros. Sur une durée de 14 ans (entre 12 et 25 ans), avec un taux à 1,75 %, vous pouvez gagner 224 euros de plus par rapport à un livret A. C'est toujours ça de pris.
Selon moi, il est inutile d'ouvir des super livrets appelés aussi livrets boostés pour des raisons de fiscalité, car ils vous offriront un rendement net annuel inférieur au livret A ou au LDDS, sauf si vous ne payez aucun impôt sur les revenus. Mais généralement, si vous êtes dans cette situation, vos livrets A ou LDDS ne sont pas pleins.

L'épargne court terme pose généralement une difficulté : celle d'estimer le montant de l'argent dont on peut avoir besoin. Cela est très variable et dépend de votre situation, si vous avez des revenus stables et comment vous dépensez votre argent. La première chose à faire est d'estimer le plus précisément possible vos dépenses mensuelles moyennes. Pour cela, vous pouvez repartir de vos relevés de compte, utilisez les applications smartphone de suivi de budget (il y en a de nombreuses gratuites et très bien faites) ou alors de tenir à jour un simple journal de bord de dépenses. Ensuite, c'est à vous de voir si vous souhaitez que votre épargne court terme couvre 3 à 12 mois de vos dépenses mensuelles moyennes, en fonction de la stabilité de votre situation.

L'épargne moyen terme, entre 3 et 5 ans

Sur un horizon de 3 à 5 ans, on parle parfois d'épargne moyen terme. Cette réserve d'argent sert généralement pour les achats importants comme une voiture, une rénovation ou des travaux importants. C'est l'horizon temporel le plus difficile à gérer pour valoriser son épargne. En effet, c'est souvent trop court pour espérer des plus-values significatives et pas assez long pour se permettre de prendre des risques avec des placements plus dynamiques.

Cependant, pour moi, il est possible d'investir sur ces supports pour un horizon inférieur à 5 ans :
  • PEE (Plan d'Epargne Entreprise) : parfois appelé PEG pour Plan Epargne Groupe dans les grandes entreprises, le PEE s'avère être un excellent moyen pour placement son argent sur un horizon moyen terme. En effet, il existe de nombreux cas de déblocages anticipés qui permettent de sortir son argent avant 5 ans. De plus, grâce aux gains liés à la fiscalité très douce de ce support (pas d'impôt sur les revenus pour les plus-values) et aux éventuels abondements de votre entreprise, le PEE peut vous rapporter beaucoup d'argent sur un horizon moyen terme.
  • Tracker obligataire LYXOR PEA OBLIGATIONS ETAT EURO UCITS ETF (OBLI - FR0013346681) dans un PEA : actuellement, il existe un seul tracker obligataire éligible au PEA. Il présente l'avantage de pouvoir investir dans des obligations relativement sûres pour du moyen terme au travers de l'enveloppe fiscale très avantageuse du PEA. Cela peut être un bon compromis pour investir son argent et espérer un rendement supérieur au livret A avec un risque très maitrisé. Attention néanmoins aux frais de passage d'ordres (à l'achat et à la vente) qui peuvent largement amputés vos gains. Je vous invite à lire mon article sur les frais des différents PEA proposés par les banques en ligne pour trouver celle qui vous convient le mieux.
Le PEL (Plan Epargne Logement) ne présente aujourd'hui plus aucun avantage pour l'épargnant : les taux d'emprunt pour l'immobilier sont historiquement bas, le taux des intérêts du PEL est à 1 % brut avec des gains soumis à l'impôt sur les revenus dès la première année d'épargne. Bref, passez votre chemin même si votre banque essaie de vous en vendre... Sauf si vous croyez fermement à une remontée fulgurante des taux d'emprunt immobilier dans les 10 prochaines années !

On remarque donc que pour un épargnant qui ne peut pas profiter d'épargne salariale, il est extrêmement difficile d'avoir un bon support pour de l'épargne moyen terme. C'est pour cela que je conseille de démarrer très tôt à épargner sur le long terme via une assurance-vie pour être ensuite en mesure de retirer de l'argent régulièrement au fil des années, avec une fiscalité adoucie.

L'horizon de placement est le premier critère déterminant pour votre stratégie d'investissement

L'épargne long terme, au-delà de 5 ans

Il existe une multitude de placements possibles pour un horizon long terme. Certains sont très exotiques (vins, matières premières, art, etc.), souvent volatils, d'autres nécessitent d'avoir une épargne importante... Mais selon moi, les principaux supports pour investir son argent sur le long terme sont les suivants. Et il n'est absolument pas nécessaire d'en avoir d'autres, sauf si vous avez une fortune de plusieurs millions d'euros.
  • Assurance-vie : c'est l'épargne préférée des Français. En effet, l'assurance-vie vous permet de placer votre argent, sans limite de plafond, sur des fonds très variés (actions, obligations, fonds sécurisés en Euros, immobilier, diversifiés, etc.) et vous bénéficiez d'une fiscalité avantageuse si l'argent a passé 8 ans dans l'assurance-vie. De plus, c'est le support idéal pour transmettre son patrimoine en limitant les frais de successions. L'assurance-vie peut être ouverte dès la naissance d'un enfant, donc si vous pouvez y mettre quelques centaines d'euros, il ne faut pas hésiter. Le plus important est de bien choisir sa banque pour avoir une assurance-vie ayant aucun frais d'entrée ni de sortie, et proposant un vaste choix de fonds. Selon moi, Fortuneo est la meilleure banque pour une assurance-vie en 2019.
  • PEA (Plan Epargne Actions) : le PEA est le support d'investissement le moins répandu en France, et pourtant c'est le plus efficace pour faire fructifier son argent à long terme. Vous ne pouvez pas y verser plus de 150 000 euros mais bien sûr, la valorisation n'est pas limitée. Le PEA vous permet d'acheter des actions d'entreprise, et via les trackers vous pouvez même investir à l'international ou dans des obligations. La fiscalité est très avantageuse (pas d'impôt sur les revenus) si le PEA a au moins 5 ans d'ancienneté. Donc ne perdez pas de temps pour en ouvrir et prendre date. Contrairement à l'assurance-vie, l'argent n'a pas besoin d'être investi pendant 5 ans : c'est seulement la date d'ouverture du plan d'épargne qui compte, et pas les dates de versement.
  • PEA-PME : le PEA-PME fonctionne exactement comme le PEA mais vous êtes restreint à investir dans des actions d'entreprises de tailles moyennes. Quant au plafond des versements, il est limité à 75 000 euros. Le PEA-PME n'est intéressant que si vous ne pouvez plus verser d'argent dans votre PEA. Par contre, il nécessite un peu plus de gestion... J'essaierai de faire un peu plus souvent des billets sur la gestion des PEA-PME car je sais que c'est un besoin qui me remonte régulièrement et ce n'est pas facile à aborder pour un néophyte.
  • PERCO (Plan d'Epargne Retraite COllectif) : le PERCO est un dispositif réservé à certains salariés d'entreprise. Généralement, si vous pouvez avoir un PEE, vous pouvez aussi ouvrir un PERCO. Les cas de déblocage se font plus rares, et dans la quasi-totalité des cas, il faut attendre de partir à la retraite pour toucher l'argent. Néanmoins, cela reste un excellent support d'investissement car vous n'aurez pas à payer d'impôts sur les revenus sur l'argent placé dans un PERCO, et vous toucherez très certainement un abondement non négligeable de votre entreprise. De plus, la majorité des PERCO proposent suffisamment de fonds pour diversifier votre épargne et prendre le moins de risque possible sur le long terme.
  • L'immobilier : acheter un bien immobilier reste toujours un moyen très efficace pour placer son argent sur le long terme. L'immobilier permet d'utiliser l'effet de levier du crédit pour maximiser son rendement surtout si votre situation (âge, revenus, santé...) vous permet d'emprunter à des taux bas. Par contre, cela demande beaucoup de gestion (souvent sous-estimée par les investisseurs débutants) et ce n'est pas sans risque. Si vous en avez les moyens, cela reste néanmoins une piste à ne pas oublier, surtout si vous avez déjà investi plus de 100 000 euros sur les autres moyens d'épargne.
Tous les autres supports d'investissements sont, selon moi, soit trop risqués, soit superflus. Pour 99 % des épargnants, avoir un livret A, un LDDS, une assurance-vie, un PEA, un PEA-PME, un PEE, un PERCO et éventuellement un peu d'immobilier pierre sont largement suffisants pour épargner tout au long de sa vie, et générer suffisamment d'intérêts et de plus-values pour s'offrir une belle retraite dorée.

Assurance-vie ou PEA : le dilemme de l'épargnant

Comment choisir entre l'assurance-vie et un PEA ?

Pas évident de choisir où investir son épargne en priorité entre l'assurance-vie et le PEA. C'est souvent un dilemme difficile pour les particuliers qui souhaitent faire fructifier leur argent. En effet, ces deux supports d'investissement sont pour du placement long terme, bénéficient d'une fiscalité très avantageuse (à partir de 8 ans pour l'assurance-vie et 5 ans pour le PEA) mais la plupart des particuliers privilégient l'assurance-vie à cause des fonds en euros qui assurent la garantie du capital. Selon moi, c'est une mauvaise stratégie et je vais vous expliquer dans ce billet comment bien choisir entre assurance-vie et PEA pour votre épargne.

Assurance-vie : idéal pour les versements réguliers et l'investissement progressif automatique

L'assurance-vie est l'épargne préférée des Français avec le Livret A. Elle présente deux avantages majeurs par rapport au PEA :
  • Elle permet d'investir sur un large éventail de fonds : actions, obligations, immobilier, fonds diversifiés et même matières premières. Il est inefficace de n'investir que sur des fonds en euros garantis.
  • Dans la grande majorité des banques en ligne, il n'y a pas de frais d'entrée ni de sortie. Si on veut faire l'analogie avec le PEA, c'est comme s'il n'y avait pas de frais de courtage ou de passage d'ordres. Par contre, il y a des frais de gestion, en fonction des fonds investis.
Ainsi, dans la plupart des banques en ligne (notamment Fortuneo), il est possible de programmer des versements réguliers (mensuels ou trimestriels) de quelques dizaines ou centaines d'euros sur son assurance-vie, sans que cela engendre des frais supplémentaires. Donc contrairement au PEA, vous pouvez facilement investir progressivement et régulièrement des petites sommes sans vous ruiner dans les frais de courtage. Attention à bien vous renseigner sur les conditions de votre assurance-vie, pour éviter les mauvaises surprises. Pour ma part, avec Fortuneo, je peux faire un versement mensuel de 50 euros par mois, en répartissant cette somme sur différents fonds, sans que cela me coûte un euro en frais d'entrée ou de courtage.

PEA :  un gestion long terme pour des placements dynamiques

Le PEA a été conçu pour n'investir que sur des actions européennes, mais grâce à un mécanisme financier (les contrats swap), il est aussi possible d'investir dans des actions du monde entier, et même récemment dans des obligations et de l'immobilier. Le PEA présente deux avantages majeurs par rapport à l'assurance-vie :
  • Il permet d'acheter en direct des actions sans passer par un fonds. Cela permet de ne pas payer de frais de gestion, et de se créer son propre portefeuille sur-mesure.
  • Il permet de retirer son argent en ne payant que les prélèvements sociaux dès le cinquième anniversaire du PEA, peu importe les dates auxquelles l'argent a été investi. Seule la date d'ouverture du PEA compte, contrairement à l'assurance-vie où ce sont les dates de versements qui font effet.
Ainsi, le PEA doit être utilisé principalement pour de l'épargne dynamique investie en actions (via des trackers MSCI World, c'est l'idéal car le plus diversifié). Il offre aussi une possibilité de retirer son argent plus rapidement et facilement que l'assurance-vie, et sur le long terme un rendement souvent meilleur. Quant à sa fiscalité, elle n'est pas prête d'être alourdie : autant l'assurance-vie est souvent dans le viseur du gouvernement vu les montants d'épargne sur ce support, autant le PEA est bien protégé fiscalement vu que le gouvernement souhaite orienter l'épargne des Français vers ce support.

Le PEA et l'assurance-vie sont complémentaires

Conclusion

L'assurance-vie et le PEA sont deux supports d'investissement complémentaires. L'assurance-vie vous permet de diversifier vos placements, d'investir progressivement et régulièrement (ce qui vous forcera à faire mettre de l'argent de côté). Le PEA vous permet de dynamiser votre épargne et est plus souple pour retirer vos gains. Posséder ces deux supports d'investissement est aussi indispensable si vous souhaitez limiter les risques de fiscalité, dont les règles peuvent changer à chaque gouvernement.

Enfin, si vous vous intéressez aux autres supports d'investissements, je vous invite à relire mon billet sur comment bien répartir son épargne.

Ouvrir un compte-titres ordinaire : la fausse bonne idée

Le compte-titres ordinaire souffre d'une fiscalité bien trop lourde

Certains me demandent si cela vaut le coup d'ouvrir un compte-titres ordinaires en plus du PEA pour pouvoir acheter des actions étrangères, des obligations, de l'immobilier et des produits dérivés. En effet, le PEA est très limité et nombreux sont les investisseurs tentés par les actifs spéculatifs à fort effet de levier et ne pas se limiter aux actions européennes ou ETF.

Cependant, d'après moi, il est totalement inutile d'ouvrir un compte-titres ordinaires pour un investisseur particulier à cause de la fiscalité qui va réduire considérablement la performance de vos placements. Quant aux produits dérivés avec effet de levier, c'est une prise de risques trop importantes pour le gain espéré sur le long terme.

Quelles sont les principales différences entre le compte-titres ordinaires et le PEA pour investir en bourse ?

Un compte-titres ordinaires (parfois appelé CTO) est un support d'investissement que peut ouvrir toute personne physique (même mineure) pour acheter et vendre des valeurs mobilières comme des actions, des obligations, des parts dans des fonds, des produits dérivés, etc. Au travers d'un CTO, vous pouvez même utiliser le SRD (Service de Règlement Différé) pour prendre position (acheteuse ou vendeuse) en ne règlant qu'une partie du montant.

Un Plan Epargne en Actions (PEA) ressemble au compte-titres mais avec des contraintes supplémentaires et des avantages fiscaux pour compenser. Le PEA favorise l'investissement long terme et non spéculatif, dans des entreprises européennes (même s'il est possible d'investir dans le monde entier à travers des fonds ou des ETF).

Un accès à des produits variés... et spéculatifs

Le principal avantage du compte-titres est qu'il offre un très large choix de produits financiers sur lesquels investir. Vous pourrez y acheter des actions étrangères en direct (peu importe la devise), des produits dérivés complexes (comme les turbos, les warrants, les certificats ou les options), des parts dans des fonds très exotiques, des trackers ou ETF, etc. Le SRD vous permet aussi d'avoir un effet de levier important sur les actions. Pour un particulier, le choix est très largement suffisant et bien supérieur au PEA où l'investisseur est restreint aux actions européennes et aux fonds éligibles.

Néanmoins, je vous déconseille vivement d'investir dans les produits dérivés : ils sont très spéculatifs et complexes à appréhender. Pour un particulier, cela revient à jouer au casino avec son argent, sans limite et avec le risque de tout perdre. Certes, un produit dérivé peut multiplier votre mise par 2, 3, 4, voire bien plus en quelques jours, mais vous pouvez aussi tout perdre dans le même temps. La finance est un univers ultra-concurrentiel, et penser se faire de l'argent facilement en tradant depuis chez soi, c'est croire qu'on est mieux informés et qu'on peut battre les milliers d'experts financiers, algorithmes et professionnels dotés des meilleurs outils du monde. Vous y croyez vraiment ?

Enfin, il faut faire très attention aux frais de courtage qui peuvent différer en fonction des actifs achetés dans un compte-titres ordinaire. Certaines banques peuvent vous facturer un coût très élevé quand vous achetez ou vendez des actions américaines par exemple.

Une fiscalité bien trop contraignante

La fiscalité est la raison suffisante qui doit vous empêcher d'ouvrir un compte-titres ordinaire. En effet, au sein d'un compte-titres ordinaires, les plus-values sont imposées au taux forfaitaire unique de 30 % (incluant les prélèvements sociaux). C'est considérable comparé au PEA où les plus-values ne sont imposées qu'à hauteur de 17,2 % (c'est-à-dire uniquement les prélèvements sociaux). Je ne crois pas que les possibilités d'investissement du CTO suffisent à générer une plus-value supérieure de 13,8 % au PEA...

Pour un compte-titres ordinaire, il est aussi possible de choisir le barême de l'impôt sur les revenus au lieu du taux forfaire unique (parfois appelé PFU pour Prélèvement Forfaitaire Unique) : dans ce cas, vous serez imposés à hauteur des prélèvements sociaux (17,2 %) et de votre taux marginal d'imposition (0 % ou 14 % ou 30 % ou 41 % ou 45 %). Cela n'est donc intéressant que si vous ne payez pas d'impôt sur les revenus : j'imagine que cela ne doit pas être souvent le cas des personnes qui peuvent investir dans la bourse...

La fiscalité est rédhibitoire pour le compte-titres ordinaire

Il existe aussi des abattements et des déductions possibles qui permettent de réduire un peu la fiscalité. Mais cela nécessite des calculs fastidieux et une déclaration annuelle complexe dans votre imposition sur les revenus. Les abattements dépendent de la durée de rétention mais ne sont applicables que pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, et si vous n'optez pas pour le taux forfaitaire unique. Quant aux déductions possibles, vous pouvez prendre en compte les frais de garde et de courtage mais, de même, uniquement si vous n'optez pas pour le taux forfaitaire unique.

Conclusion

Malgré le fait qu'il offre un très large choix d'investissement, le compte-titres ordinaire n'est pas un support d'investissement intéressant à cause de sa fiscalité trop lourde, qui va réduire considérablement vos plus-values. Selon moi, un PEA est largement suffisant pour espérer un très bon rendement sur le long terme. Les produits exotiques et spéculatifs sont extrêmement risqués, et vous ne gagnerez pas sur le long terme (à moins d'être meilleur que tous les traders professionnels ou d'être incroyablement chanceux).

Le seul cas où le compte-titres ordinaire n'est pas pénalisé par sa fiscalité, c'est lorsque vous ne payez pas d'impôts sur les revenus (taux marginal d'imposition à 0 %), mais c'est très improbable sauf si vous avez une situation financière très particulière.

Une méthode très facile et efficace pour investir en bourse dans un PEA

Investir en bourse dans un PEA est bien plus facile qu'il n'y parait

Saviez-vous que vous pouvez investir en bourse et faire mieux que 95 % des gérants de fonds, sans effort ni connaissance particulière ? Ce n'est pas moi qui l'affirme mais de nombreuses études empiriques sur les performances de gérants de fonds. En effet, les fonds gérés ont des frais de gestion parfois élevés qui ne justifient pas la surperformance (souvent très faible) par rapport au marché. Il faut aussi savoir que plus les marchés sont efficients, et plus il est difficile de les surperformer : les actions à fort potentiel sont toujours à des prix élevés, et les actions des entreprises en difficulté sont toujours à des prix faibles. Pour simplifier, un marché est dit efficient quand les actifs sont toujours valorisés à leur juste valeur, et il n'y a donc pas de bonnes affaires. Je vous invite à lire ce très bon billet expliquant ce phénomène.

Si vous souhaitez vous lancer dans l'investissement en bourse très rapidement et simplement, sans passer par un intermédiaire, sans vous prendre la tête tout en ayant de bonnes performances sur le long terme, voici la méthode à suivre. La lecture de cet article vous sera largement suffisante pour investir en bourse et avoir d'aussi bonnes performances que les meilleurs gérants de fonds !

Etape 1 : ouvrir un PEA dans une banque ou un courtier en ligne


Choisir sa banque ou son courtier

Le choix de la banque ou du courtier pour héberger votre PEA est la première étape, et la plus cruciale, pour investir son argent en bourse. Je vous invite à lire mon billet qui compare de manière détaillée les différentes banques en ligne qui proposent des PEA intéressants.

Le critère déterminant est, bien entendu, les frais associés au PEA. Contrairement aux assurances-vie, tous les PEA vous permettent d'acheter les mêmes actions d'entreprise et les mêmes trackers ETF. Donc la différence se fait uniquement au niveau des tarifs, et plus particulièrement au niveau des frais de passage d'ordre de bourse (pour acheter et vendre des actions ou trackers).

Personnellement, j'utilise Fortuneo pour mon PEA et cela me convient parfaitement. La tarification fait partie des meilleures du marché, et l'avantage est que Fortuneo propose tous les services d'une banque traditionnelle ainsi qu'une excellente assurance-vie. Si vous souhaitez aussi prendre Fortuneo, n'hésitez pas à utiliser mon code parrain 12644522 pour toucher 150 euros gratuitement à l'ouverture de votre compte (au lieu des 110 euros habituels sans parrainage).

Faire le dossier d'inscription et envoyer les documents justificatifs

L'étape la plus fastidieuse est l'inscription ainsi que l'envoi des justificatifs pour ouvrir votre PEA. Heureusement, vous n'aurez à le faire qu'une seule fois au moment de l'ouverture de votre compte. De plus, avec les banques en ligne, tout le dossier d'inscription se fait en ligne via une interface simple et ergonomique.

Pour ouvrir un PEA, il faut prévoir généralement les documents suivants :
  • Pièce d'identité en cours de validité
  • Justificatif de domicile de moins de 3 mois
  • Relevé d'identité bancaire d'une autre banque
En fonction des banques, il faut parfois aussi fournir un justificatif de ses revenus (fiches de paie par exemple) en fonction des critères d'acceptation de la banque.

Certaines banques vous permettent d'envoyer ces justificatifs de manière dématérialisée (avec des documents scannés) et même de faire la signature électronique avec double authentification au travers d'un code reçu par SMS. Cette méthode semble plutôt efficace et sécurisée. Mais toutes les banques n'ont pas ce fonctionnement moderne et vous serez peut-être obligé de faire un envoi par courrier postal.

Autre information pratique : un PEA est généralement constitué de deux comptes. Il y a un compte-titres utilisé pour acheter et vendre vos titres financiers (actions, trackers, etc.) et un compte-espèces utilisé pour accueillir vos liquidités. Mais pour vous, dans l'utilisation de votre PEA, cela est totalement transparent. C'est juste un peu déstabilisant la première fois, certains épargnants ne comprenant pas pourquoi deux comptes sont affichés quand ils consultent leur PEA.

Etape 2 : verser des liquidités pour acheter régulièrement des trackers MSCI World


Verser de l'argent pour alimenter son PEA

Une fois votre PEA ouvert, il faut y verser de l'argent pour pouvoir ensuite acheter des titres financiers. Cette opération est aussi simple que de faire un virement bancaire sur le compte d'un particulier : vous aurez avec votre PEA un numéro IBAN ou RIB à utiliser pour verser des liquidités. Il vous suffit alors de l'utiliser normalement pour apporter vos premiers fonds à votre PEA. Si vous ne trouvez pas le RIB ou IBAN de votre PEA, normalement, dans l'interface web pour accéder à votre PEA, il doit y avoir une fonction pour éditer un RIB ou IBAN, tout comme un compte courant classique.

Acheter des trackers MSCI World en faisant des ordres de bourse

Tant que vous n'avez pas passer d'ordre de bourse, votre argent dormira dans votre PEA en tant que liquidités, sans aucun risque de moins-value, ni de plus-value.

Désormais, vous arrivez à la question cruciale de tout investisseur en bourse : quoi acheter dans son PEA ? Beaucoup trop de particuliers pensent pouvoir battre le marché et croient pouvoir faire mieux que les meilleurs gérants de fonds et algorithmes d'investissement. Pourtant, les études empiriques le prouvent : sur le long terme, il est plus efficace de suivre le marché avec un panier d'actions le plus diversifié possible.

Selon moi, vous n'avez aucun intérêt à passer énormément de temps à analyser les entreprises pour savoir quoi acheter dans votre PEA. La meilleure façon d'investir pour un particulier reste, et je suis loin d'être le seul à le penser, l'investissement passif qui consiste à acheter régulièrement des trackers MSCI World, car il s'agit de l'indice boursier le plus diversifié, qui suit la performance boursière des 1 600 plus grandes entreprises du monde.

Liste des codes ISIN pour trouver les trackers MSCI World

Pour acheter des trackers MSCI World, il vous faut connaitre les codes ISIN de ces produits. Vous pouvez aussi utiliser les fonctions de recherche de l'interface web de votre PEA mais il existe tellement de produits différents, avec des noms ambigus, et pas toujours éligibles au PEA. Le plus simple est d'utiliser le code ISIN.

En effet, ces codes ISIN sont uniques dans le monde pour identifier à coup sûr un produit financier. Il existe principalement deux trackers MSCI World éligibles au PEA, dont les codes ISIN sont les suivants.
  • AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF EURO (CW8) : code ISIN = LU1681043599
  • LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD C-EUR (EWLD) : code ISIN = FR0011869353
Lyxor et Amundi sont deux grandes sociétés financières qui proposent une très large gamme de produits financiers. Même en cas de faillite de Lyxor ou Amundi, vos trackers ne risquent rien car ils représentent bel et bien des parts dans des entreprises dont vous êtes propriétaire, et absolument pas des parts dans Lyxor ou Amundi.

Toujours investir son argent progressivement

La clé du succès dans l'investissement, c'est d'être régulier dans ses achats. Les marchés étant volatils et capricieux, personne n'est capable de déterminer avec certitude les points bas pour acheter. Le mieux est donc d'acheter régulièrement en investissant la même somme à chaque fois : quand les prix seront bas, vous achèterez plus de trackers, et quand les prix seront hauts, vous en achèterez moins. Ainsi, vous moyennerez à chaque fois votre prix unitaire de revient. De plus, investir régulièrement vous force aussi à faire un effort d'épargne.

Comment acheter simplement des trackers ou des actions dans votre PEA ?

Acheter des produits financiers dans un PEA n'est pas si compliqué que ça finalement. Il vous suffit de suivre les étapes suivantes :
  • Connectez-vous sur votre PEA via l'interface web de votre banque
  • Cherchez votre produit financier (action, tracker ou autre) en tapant son code ISIN dans la barre de recherche. Si vous ne connaissez pas le code ISIN, généralement, Google le trouvera pour vous.
  • Cliquez sur Acheter puis précisez la quantité que vous souhaitez acheter
  • Choisissez le type d'ordre de bourse :
    • Au marché signifie que vous achèterez au premier prix le plus offrant, sans aucune limite. Cela n'est pas risqué quand le produit financier acheté est relativement liquide (c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de vendeurs et d'acheteurs). C'est le cas des trackers MSCI World éligibles au PEA car la liquidité est assurée par l'émetteur de l'ETF.
    • Cours limité signifie que vous indiquez un prix d'achat unitaire limite à ne pas dépasser, et votre ordre sera exécuté quand il y aura un ordre de vente qui est compatible de votre prix unitaire limite.
    • Meilleure limite signifie que l'ordre de bourse sera à cours limité, et ce cours limité sera determiné suivant la meilleure offre en cours. Par exemple, si vous faites une offre d'achat à la meilleure limite, et que le premier vendeur vend à 100 € (et donc tous les autres vendeurs vendent au-dessus de ce prix), votre ordre de bourse sera créé avec une limite de cours d'achat à 100 €.
    • Les autres types d'ordre sont un peu plus complexes, j'en reparlerai dans un autre article. Ils sont néanmoins peu utiles pour un investisseur long terme.
Voici quelques captures d'écran de l'interface Fortuneo. Comme vous pouvez le constater, c'est plutôt intuitif et simple pour acheter et vendre des actions ou des ETF dans son portefeuille. La première image représente votre PEA et sa composition. Le deuxième écran apparait quand vous cliquer sur le Plus pour acheter de nouvelles actions.

Aperçu de votre portefeuille PEA dans l'interface Fortuneo
Aperçu de l'écran d'achat après avoir cliqué sur le bouton +

La première fois que vous achèterez une action, vous trouverez peut-être ça un peu surprenant voire déroutant. Puis, vous vous rendrez rapidement compte que c'est très simple de trader des produits financiers sur Internet !

Etape 3 : si besoin, vendez progressivement vos trackers pour retirer votre argent

L'argent investi dans un PEA n'a pas pour vocation à y rester éternellement, même si plus vous investissez longtemps et plus avez de chance de faire d'importantes plus-values. Si vous souhaitez profiter de vos investissements, vous pouvez demander le retrait de tout ou partie de votre argent dans un PEA. Mais pour cela, vous devez suivre ces étapes simples :
  • Assurez-vous que votre PEA a au moins 5 ans d'ancienneté : en-dessous, vos plus-values seront taxées à hauteur de 30 % (dont 17,2 % de prélèvements sociaux). Au-delà de 5 ans, les plus-values ne sont soumises qu'aux prélèvements sociaux, soit 17,2 %.
  • Votre PEA doit avoir le niveau suffisant de liquidités (appelées aussi espèces) que vous souhaitez retirer.
  • Pour augmenter les liquidités ou espèces dans votre PEA, vous devrez certainement vendre des actions ou ETF.
    • Pour cela, il suffit de procédère comme une ordre de bourse d'achat mais cette fois-ci, il faut sélection le type d'ordre de vente.
  • Envoyer un courrier (postal ou via Internet en fonction des banques en ligne : n'hésitez pas à contacter le service client pour en savoir plus)  pour demander le retrait de votre argent.
    • N'oubliez pas de préciser l'IBAN ou le RIB pour recevoir l'argent.
Dans un prochain billet, je vous fournirai des lettres-types à utiliser pour fermer son PEA ou retirer une partie de son argent.

Etape 4 : surveiller votre PEA de temps en temps

Quand vous investissez votre argent sur le long terme de manière passive, il n'est pas nécessaire de regarder l'évolution de son PEA tous les mois, encore moins tous les jours. Néanmoins par prudence, je vous invite à vous connecter à votre compte régulièrement, au moins une fois par trimestre pour surveiller l'historique des opérations.

En effet, vous n'êtes pas à l'abri d'un piratage même si c'est de plus en plus rare. Vous pouvez aussi consulter les versements de dividendes issus de vos actions ou vos trackers. Ces dividendes versés en numéraire peuvent donc être réinvestis, et c'est même fortement conseillé pour générer encore de nouvelles plus-values et dividendes. Enfin, vous pouvez être amené(e) à faire quelques arbitrages (c'est-à-dire des achats et des ventes pour modifier votre portefeuille) en fonction des événements majeurs impactant vos actifs : OPA sur une entreprise, perte d'éligibilité au PEA ou PEA-PME, faillite, etc.

Pour suivre l'actualité financière, vous pouvez utiliser les applications mobiles comme celles de Boursier.com ou MSN Finance qui sont de très bonnes qualités. N'hésitez pas à aller de temps en temps sur les sites comme Investir ou ABC Bourse. Enfin, vous pouvez aussi suivre mon compte Twitter @InvestirArgent : je vous tiendrai informé des principales informations impactant le PEA et le PEA-PME, ainsi que les événements majeurs autour du marché actions.

Conclusion

En suivant toutes ces étapes simples, vous arriverez à faire fructifier votre argent sans difficulté dans votre PEA, en y consacrant que quelques minutes par mois (et pas plus de deux heures par an). Cela en vaut vraiment la peine, plutôt que de laisser dormir son argent dans des livrets à faibles rendements. Il ne s'agit absolument pas d'une méthode miracle qui vous garantit de faire d'énormes plus-values, mais c'est la meilleure méthode et la plus simple pour investir en bourse sur le long terme. Comme quoi, la bourse est vraiment accessible à tous et nul besoin de passer par un intermédiaire pour gérer son argent.

Pourquoi le PEA Jeunes va être un échec ?

Le PEA Jeunes s'adresse aux 18-25 ans encore rattachés au foyer fiscal de leurs parents

Depuis cet été 2019, le PEA Jeunes est opérationnel suite à la mise en oeuvre de la loi Pacte. Le décret publié le 24 août 2019 va permettre, en théorie, à des milliers de jeunes de profiter de l'enveloppe fiscale très avantageuse du PEA dès leurs 18 ans, même si le foyer fiscal possède déjà deux PEA. En réalité, tout porte à croire que le PEA Jeunes va être encore un nouvel échec, tout comme l'a été malheureusement le PEA-PME.

Comment fonctionne le PEA Jeunes ?

Le PEA classique (tout comme le PEA-PME) est normalement accessible dès 18 ans mais limité à deux par foyer fiscal, soit généralement un pour chaque parent. Le PEA Jeunes permet de combler un manque quand il y a des enfants majeurs toujours rattachés au foyer fiscal. En effet, désormais, chaque enfant majeur rattaché au foyer fiscal peut ouvrir un PEA Jeunes.

Son fonctionnement est totalement identique au PEA sauf que le plafond des versement est limités à 20 000 euros seulement. Sinon, les produits éligibles, le fonctionnement et surtout la fiscalité sont la même.

Le point fort du PEA Jeunes est qu'il est automatiquement transformé en PEA classique avec son ancienneté si l'enfant atteint les 26 ans ou s'il quitte le foyer fiscal. Cela est donc utile pour prendre date sur le PEA de vos enfants dès leur majorité, en les gardant dans votre foyer fiscal.

Pourquoi l'intérêt du PEA Jeunes est très limité ?

En pratique, l'intérêt du PEA Jeunes est très limité. Il ne permet pas de contourner les contraintes du PEA classique : pas d'accès à l'immobilier, ni les obligations, il faut toujours 5 ans d'ancienneté pour bénéficier des avantages fiscaux, etc. Selon moi, c'est encore un nouveau dispositif d'épargne qui rajoute de la complexité au système déjà très lourd, et qui n'apporte aucune évolution majeure.

Et pour les parents qui souhaiteraient utiliser le PEA Jeunes comme moyen de détournement pour investir plus d'argent que les plafonds actuels : le gouvernement a prévu le coup, et donc le plafond total des versements de tous les PEA, PEA-PME et PEA Jeunes du foyer fiscal ne pourra pas dépasser les 450 000 euros pour un foyer fiscal, soit déjà l'équivalent de deux PEA et de deux PEA-PME.

Enfin, aujourd'hui, nombreux sont les épargnants à ignorer la règle des deux PEA et deux PEA-PME par foyer fiscal. Je connais beaucoup de personnes qui ont des PEA ouverts au nom de leurs enfants, alors qu'ils sont toujours rattachés à leur foyer fiscal. Comme il y a peu de contrôle et que les banques sont peu regardantes (elles ont tout à gagner à faire ouvrir de nombreux PEA), de nombreuses familles ne vont même pas s'intéresser à ce nouveau dispositif.

Le futur échec du PEA Jeunes

Tout comme le PEA-PME en 2014, tout porte à croire que le PEA Jeunes sera un nouvel échec pour le gouvernement qui tente en vain de relancer l'investissement des particuliers dans les entreprises. Le peu de nouveautés et d'avantages font que le PEA Jeunes reste très peu attractif en l'état, et est réservé à une proportion très limitée d'épargnants (les enfants majeurs rattachés à des foyers fiscaux possédant déjà des PEA)...

Autre problème de taille : aujourd'hui, encore peu de banques proposent un PEA Jeunes. Elles estiment à juste titre que c'est loin d'être un produit phare qui va leur attirer et fidéliser de la clientèle. Si aucun objectif chiffré n'a été donné par le gouvernement, je pense qu'il ne devrait pas avoir plus d'ouvertures de PEA Jeunes que de PEA-PME en 2014, et pourtant le record à battre était déjà bien bas à l'époque...

Le PEA Jeunes ne propose malheureusement pas assez d'avantages pour être un succès

Le gouvernement n'a décidemment toujours pas trouvé la bonne formule pour attirer l'épargne des Français vers les placements plus risqués (et aussi plus rentables sur le long terme). Et si la clé du succès résidait dans l'information et la formation ?

Loi Pacte : quels sont tous les changements pour vos PEA et PEA-PME ?

La loi Pacte a apporté de nombreux changements mineurs positifs pour vos PEA et PEA-PME

Depuis le 24 mai 2019, de nouveaux dispositifs issus de la loi Pacte s'appliquent désormais sur tous les PEA et PEA-PME, même ceux qui ont été ouverts avant ces changements. Voici une liste exhaustive de tous les changements qui impactent directement le PEA et le PEA-PME.

  • Le plafond de versements du PEA-PME est relevé à 225 000 euros (le plafond de versements du PEA restant fixé à 150 000 euros) mais le total des versements effectués sur un PEA et un PEA-PME par un même titulaire ne peut excéder 225 000 euros.
    • En résumé, si votre PEA est déjà plein en termes de versements, cela ne change rien pour vous. Sinon, vous avez la possibilité de verser beaucoup plus sur le PEA-PME. Mais ce support d'investissement étant déjà très contraignant, très peu de particuliers vont profiter de ce changement...
  • Les retraits partiels sur un PEA ou un PEA-PME de plus de 5 ans sont désormais possibles.
    • C'est le gros avantage apporté par la loi Pacte. Désormais, il n'est plus nécessaire d'attendre 8 ans pour retirer une partie de son argent d'un PEA ou PEA-PME. Et vous pouvez ensuite continuer à verser de l'argent, dans la limite du plafond.
  • Les retraits partiels sur un PEA ou un PEA-PME de moins de 5 ans sont possibles sans clôture du plan, uniquement pour les raisons suivantes : licenciement, invalidité ou mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint.
    • Néanmoins, les gains retirés sont imposés au taux forfaitaire unique de 30 %, donc vous perdez l'avantage fiscal, dans le cas où vous retirez de l'argent avant 5 ans.
  • Les personnes majeures rattachées à un foyer fiscal peuvent ouvrir un PEA, appelés PEA Jeunes. Je vous en parlerai dans un prochain billet.
  • De nouveaux produits sont éligibles au PEA-PME : les obligations à taux fixe et les minibons offerts sur les plateformes de financement participatifs, les titres de sociétés cotées dont la capitalisation boursière n’aura pas dépassée 1 milliard d’euros à la clôture d’au moins un des quatre exercices précédents l’acquisition et les obligation remboursables en actions non cotées.
    • Cela va peut-être ajouter un peu d'attrait au PEA-PME. Mais encore faut-il avoir une banque ou un broker qui propose ces produits facilement et sans frais élevés...
Comme vous pouvez le constater, les changements apportés sont relativement mineurs mais tous positifs pour l'épargnant. C'est donc déjà ça de gagner ! Mais on peut regretter, une fois encore, le manque d'audace et d'ambition dans les réformes du gouvernement pour favoriser et dynamiser l'épargne risquée.

Comment bien répartir son argent investi entre actions, obligations, immobilier et fonds en euros

Pourquoi passer tant de temps à choisir ses actions et négliger le reste ?

La majorité des particuliers qui boursicotent passent souvent énormément de temps à choisir leurs actions et leurs trackers. Ils recherchent sans cesse à optimiser leurs portefeuilles dans leurs PEA et comptes-titres en fonction de nombreux critères (géographique, sectoriel, valorisation, analyses graphiques etc.), au gré des actualités.

Cependant, ces mêmes investisseurs particuliers oublient bien trop souvent de réfléchir à la répartition de leurs types de placements. En effet, il n’y a pas que les actions d’entreprise pour faire fructifier son épargne. C'est une erreur très classique de se focaliser sur ces placements en bourse et négliger la répartition de son épargne entre les actions, l'obligation, l'immobilier, etc. Certains diront que les actions offrent le meilleur rendement sur le long terme, et qu’il faut se concentrer dessus. Si c’est vrai sur le long terme, encore faut-il définir un ordre de grandeur pour le long terme.

En effet, votre épargne n’est pas toujours destinée à être utilisée au bout de 20 à 30 ans. Vous aurez souvent envie d’en profiter avant. De plus, pour ne pas finir piégé dans une crise boursière qui peut durer plusieurs années, diversifier ses placements est indispensable. Vous diminuerez ainsi les risques et la volatilité de vos investissements. Enfin, diversifier son épargne sur plusieurs supports d'investissements (PEA, assurance-vie, épargne salariale, autres) vous permettra de vous protéger en cas de matraquage fiscal sur un support particulier.

Les différents types de placements

Les principaux placements accessibles aux particuliers sont les suivants. Les rendements bruts annuels sont donnés à titre indicatif et approximativement, gardez en tête qu’ils sont très variables et dépendent de nombreux facteurs (comme les taux directeurs des banques centrales).
  • Les actions d’entreprise qui offrent un très bon rendement sur plus de 10 ans si vous diversifiez suffisamment. Mais c’est aussi le placement le plus risqué dans le sens où s’il y a une crise financière, vous pouvez devoir attendre plusieurs années avant de retrouver une bonne rentabilité de votre investissement.
    • Rendement brut annuel : entre 5 et 10 %
  • Les obligations qui sont des prêts moyens et longs terme à des Etats ou des entreprises. Ils sont moins risqués et offrent un bon rendement régulier. Vous pouvez viser entre 3 et 6 % de rendement brut annuel.
    • Rendement brut annuel : entre 2 et 6 %
  • L’immobilier à travers des parts dans des SCI ou SCPI. Vous pouvez aussi acheter directement des biens immobiliers pour les louer mais cela demande du temps et de l’argent pour sa gestion et optimiser la fiscalité associée.
    • Rendement brut annuel : entre 4 et 8 %
  • Les fonds en euros sont des fonds garantis et proposés par les assurances-vie uniquement. Ils offrent le meilleur rendement pour un placement sans risque. Ils sont investis dans différents placements mais en majorité des prêts court termes à des entreprises ou des obligations d’Etat.
    • Rendement brut annuel : entre 1 et 3 %
  • Le monétaire qui correspond aux prêts court terme quasiment sans risque. Je vous les déconseille car ils ne rapportent quasiment plus rien. Je vous ai déjà expliqué pourquoi il est inutile d'investir dans le monétaire de nos jours.
    • Rendement brut annuel : entre 0 et 1 %
Il existe aussi d’autres placements plus exotiques (matière première, vins, arts, objets de collection, Bitcoin, Ethereum…) mais personnellement, je pense qu’ils sont encore trop spéculatifs et absolument pas indispensables à la bonne gestion de votre épargne.

Comment diversifier ses placements à moindre frais ?

Comme je vous en ai parlé dans mon billet sur les différents supports d’investissements, les PEA, PEA-PME, assurance-vie et l’épargne salariale sont, selon moi, largement suffisants pour investir et valoriser votre épargne. On peut même n’utiliser que ces supports pour se constituer une épargne suffisante pour devenir rentier.

Pour vous exposer aux performances du marché actions, vous pouvez utiliser le PEA, PEA-PME, l'épargne salariale et l’assurance-vie. Pour l’assurance-vie, vous ne pourrez pas avoir des actions en direct mais vous pouvez acheter des trackers ou des fonds actions. Privilégiez les trackers pour réduire les frais de gestion. Pour l'épargne salariale, il est très intéressant d'investir quand vous pouvez bénéficier d'abondement par votre entreprise.

Pour investir sur des obligations, vous devrez passer par votre assurance-vie ou votre épargne salariale. Pour choisir les fonds les plus intéressants, il faut viser les frais de gestion les plus faibles possible et une diversification internationale des obligations.

Pour placer votre argent dans l’immobilier, vous pouvez acheter un bien et le louer mais cela demande du temps et de l’argent. Ou alors, plus simplement, vous pouvez acheter des parts de SCPI ou SCI via votre assurance-vie. Les fonds proposés vont dépendre de votre assureur ou banque. Pour réduire les risques, je vous conseille de prendre des fonds proposant de l’immobilier pour entreprises et particuliers.

Pour les fonds en euros, vous n’aurez pas d’autres choix que les assurances-vie. La performance du fonds dépendra de la banque ou assureur choisi. Personnellement, j’ai Fortuneo qui est réputé pour des fonds en euros très performants. Chaque année, il y a un classement pour les fonds en euros.

Quelle répartition choisir entre ces différents types de risques ?

Cela dépendra de votre style de gestion et surtout de votre horizon de placement. Si vous souhaitez utiliser votre épargne dans les 5 prochaines années, alors il faudra mettre plus de 60 % sur des supports moins risqués comme les obligations et les fonds en euros. Entre 5 et 15 ans, vous pouvez répartir équitablement entre actions, obligations, immobilier et fonds en euros. Enfin, au-delà de 15 ans, je vous conseille de mettre plus de 60 % en actions et immobilier.

Bien sûr, il s'agit là d'une règle simple à titre indicatif que vous pouvez moduler selon vos préférences personnelles, et votre situation financière particulière.

Comment répartir son épargne entre les différents supports d'investissements ?

Apprenez à optimiser la répartition de votre épargne

Difficile de s'y retrouver parmi les nombreux livrets et supports d'investissements, et encore plus difficile de bien répartir son épargne parmi ces possibilités. Je vous donne ici quelques pistes de réflexion et astuces pour apprendre à mieux gérer votre épargne.

Quelles sont vos dépenses mensuelles et votre capacité d'épargne ?

Tout d'abord, la première question à se poser est de mesurer combien vous dépensez par mois, en tenant compte de tout. Le mieux pour cela est de faire un suivi précis de vos dépenses à l'aide soit d'une application, d'une extraction de ses comptes en format Excel ou tout simplement en notant régulièrement sur un bloc-notes ou un smartphone. L'idéal est de le faire sur un an pour bien prendre en compte toutes les dépenses exceptionnelles (impôts, régularisation énergie, assurances, etc.).

Ensuite, en comparant par rapport à vos revenus, vous en déduirez votre capacité d'épargne, c'est-à-dire le montant que vous pouvez mettre en épargne. Si vous ne pouvez pas mettre plus de 50 € par mois en moyenne, alors je pense qu'il est encore un peu tôt pour penser à répartir son épargne sur de nombreux supports d'investissements. Si vous souhaitez épargner pour l'avenir, il faut déjà commencer à maitriser ses dépenses pour pouvoir épargner au moins 50 € par mois.

Livrets A et LDDS : réserve de liquidités pour les aléas et vos dépenses court/moyen terme

Les avantages de ces livrets sont qu'ils sont totalement défiscalisés et l'argent logé est disponible à tout moment. Une règle un peu brutale consiste à avoir sur les livrets de quoi couvrir environ 6 mois de dépenses. Bien entendu, c'est à moduler en fonction de votre situation professionnelle (stabilité, risques de perte d'emploi, etc.) et aussi des dépenses exceptionnelles qui risquent d'arriver sur le court terme (moins de 2 ans) comme l'achat d'une voiture ou des travaux importants.

Personnellement, mon ménage dépense environ 6 000 € par mois. Avec deux livrets A (un pour ma conjointe et un pour moi-même), nous avons entre 30 000 et 40 000 € sur nos livrets en fonction de nos besoins court et moyen terme.

PEE/PEG et PERCO : plan d'épargne pour salariés à utiliser pour l'intéressement et la participation

Le Plan d'Epargne Entreprise (et aussi le PERCO pour celles et ceux qui ont le droit) est un excellent support d'investissement à utiliser sans hésiter pour placer son intéressement et sa participation, afin de bénéficier d'exonération d'impôts sur les revenus et aussi des abondements de l'entreprise. De plus, en fonction de votre PEE ou PERCO, vous pouvez avoir le choix pour investir dans des fonds diversifiés : actions internationales, obligations, monétaires voire parfois immobilier ou autres produits complexes.

Ainsi, le PEE et le PERCO sont d'excellents compléments en plus de l'assurance-vie et du PEA. En plus, leurs plafonds de versements ne sont pas limités, donc n'hésitez pas, si vous le pouvez, à y verser de l'argent pour toucher le maximum de l'abondement.

Assurance-vie : une épargne régulière et diversifiée, investie sur le long terme

L'assurance-vie est généralement le premier support d'épargne utilisé par les français. Ses principaux avantages sont sa fiscalité douce après 8 ans ainsi que sa fiscalité pour les héritages. De plus, l'assurance-vie permet d'investir sur des produits très variés (immobilier, fonds Euros, actions, obligations, produits diversifiés, etc.).

Sans compter l'intéressement et la participation, vous pouvez consacrer à votre assurance-vie environ 50 % de votre capacité d'épargne. Dans mon cas personnel, mon ménage épargne tous les mois 500 euros sur une assurance-vie. Cela permet ainsi de lisser les aléas du marché et d'éviter d'acheter au plus haut.

L'offre disponible d'assurance-vie est très conséquente, surtout depuis l'émergence des banques en ligne. Pour vous aider dans le choix de votre assurance-vie, vous pouvez relire ce comparatif des meilleures banques en ligne où je parle notamment des conditions de l'assurance-vie.

PEA et PEA-PME : une épargne dynamique pour prendre des risques sur le long terme

Le principal avantage du PEA (et aussi du PEA-PME) est sa fiscalité très avantageuse. En adoptant une stratégie d'investissement passif à base de trackers diversifiés, vous obtiendrez un excellent rendement de votre épargne sur le long terme, en investissant progressivement. Pour le PEA-PME, la gestion est un peu plus difficile mais reste accessible à un particulier.

De même que pour l'assurance-vie, vous pouvez y consacrer environ 50 % de votre capacité d'épargne (en excluant la participation et l'intéressement comme revenus qui iront dans votre PEE). Par contre, contrairement à l'assurance-vie, les frais de courtage font qu'il est plus intéressant de faire des achats à un montant plus élevé. Ainsi personnellement, j'investis tous les 3 mois environ 1 500 € dans mon PEA pour amortir les frais de courtage.

Pour vous aider à bien choisir votre courtier ou votre banque pour ouvrir votre PEA et PEA-PME, je vous invite à lire ce comparatif détaillée des meilleures offres de PEA en ligne (Fortuneo, Bourse Direct, BforBank, Binck, Monabanq, etc.).

Et les autres supports d'investissements ?

Sans entrer dans les détails (cela fera l'objet d'un prochain article), aucun des autres supports d'investissement n'est convaincant selon moi (parmi les PEL, supers livrets, comptes-titres, assurance-décès, etc.). Ils n'apportent aucun avantage intéressant. En effet, soit la performance moyen/long terme est mauvaise, soit la fiscalité y est trop lourde, soit les 2 !

Je suis convaincu qu'avec le Livret A, le LDDS, l'assurance-vie, le PEA et éventuellement un PEE, on peut largement investir et très bien valoriser son épargne pour le court/moyen/long terme. Et ils sont même suffisants pour devenir rentier au bout de plusieurs années/décennies si votre capacité d'épargne est importante (plus de 2 000 euros par mois).

Tous les supports d'investissements ne se valent pas !

Pourquoi le PEA ne séduit pas les Français et pourquoi c'est bien dommage ?

Les français sont frileux dans l'investissement en actions

Depuis 10 ans, le nombre de PEA est passé de 5 à 4 millions seulement, soit à peine 8 % des Français majeurs. Pire encore, dans le dernier baromètre de l'AMF, plus de 65 % des Français ne souhaitent pas investir dans les actions. Quant au PEA-PME, l'échec est encore plus cuisant avec seulement 62 000 PEA-PME contre un objectif de plus de 100 000...

Pourquoi les Français sont-ils si frileux à investir dans les actions et pouquoi boudent-ils le PEA ? Je tente dans ce billet d'expliquer ce phénomène et j'essaie de vous prouver que c'est une erreur de réagir ainsi si vous souhaitez faire fructifier votre épargne efficacement.

Une méconnaissance du marché des actions

Selon moi, une des premières raisons de la méfiance des Français vis-à-vis du marché actions est tout simplement la méconnaissance et la difficulté à trouver de l'information pertinente pour un investisseur particulier. Pas étonnant puisqu'on trouve sur Internet un peu tout et n'importe quoi. Souvent des méthodes miracles, beaucoup d'informations réservées à des spécialistes, d'autres messages anti-finance et trop rarement de bons blogs ou articles proches de la réalité et à la portée de tous.

Mais comment s'y retrouver ? Surtout que les actions ont une médiatisation bien plus importante que leur importance réelle dans l'économie. En effet, les actions ne représentent que 500 milliards d'euros d'échanges quotidiens contre plus de 2 000 milliards pour l'échanges de devises (le Forex) et plus de 10 000 milliards pour le marché des obligations et des emprunts (court et long terme). La sur-information autour du marché actions a souvent tendance à donner une image déformée ou biaisée aux particuliers.

La meilleur manière de savoir et d'apprendre est simplement d'essayer. Donc n'hésitez pas à ouvrir un PEA et à y investir une partie de votre épargne dont vous n'avez pas besoin dans les 10 prochaines années. Libre à vous de suivre les conseils que vous voulez, mais si vous ne souhaitez pas vous prendre la tête, vous pouvez toujours suivre mes conseils et opter pour l'investissement passif.

La difficulté de se projeter à long terme

Quel a été le rendement annualisé, net d'inflation et de fiscalité, de votre livret A, votre assurance-vie, votre achat immobilier et vos autres plans d'épargne ? Très rare sont les personnes capables de répondre à cette question. Et pourtant, c'est la seule qui compte si vous souhaitez valoriser votre épargne.

Investir dans les actions, est-ce vraiment risqué ? Sur le court terme en espérant faire des gains, oui ça l'est. Sans diversifier, en concentrant ses placements sur moins de 10 actions pour des choix soit-disant bien réfléchis, oui ça l'est. Mais si vous investissez sur le monde entier et sur plusieurs milliers d'entreprise (c'est ce que permettent de nombreux trackers éligibles PEA), alors non ce n'est pas beaucoup plus risqué qu'un placement immobilier ou un fonds en euros, sur le long terme (de 10 à 30 ans). Investir dans des actions d'entreprise, c'est devenir propriétaire d'entreprises dont le but est d'être rentable. Et diversifier dans le monde entier sur tous les secteurs économiques, c'est prendre le pari que l'économie mondiale va continuer à vivre encore longtemps et qu'il existera encore des entreprises rentables en croissance. Est-ce vraiment un pari risqué ?

Je vous en ai déjà parlé dans de précédents billets : les actions sont les meilleurs actifs pour le long terme, et contrairement aux croyances populaires, elles sont bien moins risquées qu'elles n'y paraissent.

Le psychologie de l'investisseur peut décourager sur le court terme

Voici le graphique qui illustre parfaitement la psychologie de l'investisseur particulier qui entre dans les marchés quand ils sont euphoriques (sous l'influence des médias et de la foule), et qui capitulent au moment où les prix sont les plus bas (sous la peur et la panique généralisée).

Bien souvent, l'investisseur débutant tombe dans les pièges classiques illustrés ci-dessous, et en ressort dégouté de la bourse. C'est aussi un réflexe naturel de vérifier très fréquemment nos choix d'investissements. Pourtant, si vous avez une vision long terme, vous devez vous affranchir de ces obsessions court-termistes. Comme on dit souvent, on ne devient qu'un vrai investisseur qu'après avoir vécu au moins 2 crises financières !

L'investisseur débutant tombe dans des pièges classiques

L'investissement passif n'est pas (encore) populaire

Il faut s'y connaitre pour investir. C'est une idée répandue absolument fausse de nos jours depuis l'avènement des trackers qui permettent d'investir sur un indice à moindre frais. En effet, ces produits permettent de faire de l'investissement passif, méthode que je décris dans ce blog, accessible à n'importe qui à travers un PEA et qui permet d'avoir des résultats aussi bons que les meilleurs gérants de fonds et autres experts de la finance.

Bien sûr, les sites d'informations, médias financiers et encore plus les banquiers seront les derniers à vous conseiller cette méthode. Cela serait se tirer une balle dans le pied pour eux vu qu'ils vendent des conseils financiers. Et pourtant, cette méthode a le vent en poupe et ne cesse de croitre ces dernières années après avoir fait ses preuves que de nombreuses études scientifiques appuient.

L'investissement passif n'a rien d'une méthode miraculeuse. Elle ne vous garantit pas des gains faramineux ni de faire mieux que n'importe qui. L'investissement passif vous garantit juste de ne pas faire pire que le marché actions (et pas mieux non plus). Et historiquement, il ne faut pas oublier que le marché actions surperforment tous les autres sur le long terme.

Soyez craintifs quand les autres sont avides, soyez avides quand les autres sont craintifs


Gérer son PEA est bien plus facile qu'on peut le croire

L'avantage de ce manque d'appétit des Français vis-à-vis du PEA et PEA-PME, c'est que le gouvernement ne devrait pas faire de matraquage fiscal sur ces supports. C'est en tout cas ce que l'on constate depuis pas mal d'années, même si la hausse des prélèvements sociaux continuent d'impacter défavorablement le PEA, comme tous les supports d'épargne en général.

Je pense qu'il faut voir cette méfiance injustifiée vis-à-vis des actions comme une opportunité pour investir. Si vous souhaitez vous lancer dans l'investissement passif, n'hésitez pas à utiliser mes codes de parrainage pour bénéficier d'offres promotionnelles.

Enfin, je terminerai par ce petit paradoxe. Beaucoup de gens estiment que les entreprises font tout pour enrichir les actionnaires, et que ce sont les actionnaires qui profitent le plus du capital et de l'économie. Ce sont les mêmes personnes qui n'osent pas ouvrir de PEA pour posséder des actions. Et pourtant : être actionnaire est à la portée de tous ! Donc n'ayez pas peur de devenir un actionnaire avide d'argent : ouvrez un PEA !